Dimanche 1 novembre 2009
Ca y est ! La décision est prise : le tramway T1 passera par le Centre-Ville de COLOMBES via l'avenue de l'Agent Sarre, la Gare de COLOMBES et redescendra vers le quartier Europe via le boulevard Edgard Quinet et la rue Paul Bert... C'est donc le premier tracé qui l'a emporté (voir mon article précédent daté du 10 juillet 2009) !...

Cette décision pose problème à 3 niveaux :

1°) Il n'y a eu aucun débat avec les habitants sur ce point. Un débat aurait eu le mérite d'éclairer les choix effectués. Pas de consultation directe (par voie de référendum) ni indirecte (par les Conseils de quartier). Au moment où la Municipalité vante à grands frais les mérites de "sa" démocratie participative, cela fait un peu désordre !... A quoi peut bien servir la démocratie participative, si ce n'est pour discuter des questions stratégiques affectant l'avenir de notre commune ? La Majorité municipale d'aujourd'hui peut bien critiquer l'ancien Maire, Madame GOUETA, sur sa capacité d'écoute, mais elle, au mons, avait organisé une consultation populaire sur cette question !...

2°) Le Maire se défend en arguant que la Ville n'avait pas le pouvoir de décision sur ce point, ce qui est vrai puisque la décision finale appartient au STIF (Syndicat des Transports d'Ile-de-France), émanation de la Région dirigée par Jean-Paul HUCHON (PS). Il n'empêche : l'avis de la Ville était officiellement demandé. Et même un simple avis, précisément parce qu'il émane de l'échelon politique de proximité territorial (en l'occurence la commune) peut peser sur la décision finale, surtout s'il est porté par des convictions fortes. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'en minimisant la portée de son avis, Philippe SARRE n'a pas démontré de très fortes convictions sur ce point... On a connu Philippe SARRE plus pugnace !...

3°) Autre argument de défense du Maire : de toute façon, le tracé adopté faisait l'unanimité de tous les institutionnels en sa faveur : STIF, Région, Département, Ville de Bois-Colombes, RATP, etc... Et alors, l'avis de la Ville comptait-il si peu qu'il devait automatiquement s'aligner sur celui des gestionnaires et autres technocrates ? Le désenclavement du quartier des Fossés-Jean (13 000 habitants), cela ne compte pas ? Le développement économique de la partie Nord-Est de notre Ville (zone Kléber), cela ne compte pas ? L'opportunité d'améliorer la désserte du Stade Yves du Manoir au moment où bien des questions se posent quant à l'avenir de ce lieu chargé d'histoire et d'affect, cela ne compte pas ?

On sait bien pourquoi le 1er tracé a fini par s'imposer. Moindre longueur en distance, vision technocratique de relier des centre-villes à une époque où, pourtant, le tissu urbain est de plus en plus diffus, une ville de BOIS-COLOMBES  âprement défendue par son Maire pour faire passer cette ligne de tramway sur à peine 300 mètres en extrême bordure de son territoire alors que le second tracé permettait aussi la desserte de BOIS-COLOMBES aux Quatre-Routes...

Bref, les habitants de COLOMBES n'ont pas été défendus dans cette affaire... Et pour une raison très simple : les élus chargés de les représenter n'ont pas vraiment fait leur travail !...
Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Politique locale
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Vendredi 10 juillet 2009
Mardi dernier, fut décidée en Conseil Municipal de COLOMBES de commanfer une étude relative au tracé de la future ligne de tramway T1.

Pour ceux qui découvrent le dossier, il faut savoir que 2 projets de lignes de tramway concernent COLOMBES à ce jour :
- La ligne T2 qui, aujourd'hui, relie ISSY-LES-MOULINEAUX à LA DEFENSE et qui, à partir de 2011, sera prolongée au-delà de LA DEFENSE jusqu'au Pont de Bezons (côté BEZONS). La ligne prolongée désservira la Place de Belgique à LA GARENNE-COLOMBES puis descendra le boulevard Charles De gaulle à COLOMBES sur toute sa longueur. Les travaux sont en cours.;
- La ligne T1 qui, aujourd'hui, relie NOISY-LE-SEC à SAINT-DENIS et qui devrait être prolongée, au-delà de SAINT-DENIS vers NANTERRE, voire vers RUEIL-MALMAISON en passant par VILLENEUVE-LA-GARENNE, GENNEVILLIERS, ASNIERES NORD et donc... COLOMBES.

Il faut ajouter que cette ligne T1 est certes dans tous les esprits mais n'est même pas encore inscrite dans le contrat Etat-Region. C'est dire que l'on n'en est qu'aux prémisses et que, si un jour ce projet voit le jour, ce ne sera pas avant 15 ou 20 ans.

Le tracé du T1 ne semble poser de problème dans aucune commune concernée... aucune hormis COLOMBES. En effet, à COLOMBES, 2 camps s'affrontent pour le tracé de la future ligne, plus précisément entre les 4 Routes en venant de l'avenue de la Redoute (intersection ASNIERES, BOIS-COLOMBES, COLOMBES) d'une part et le carrefour traversé par la rue Paul Bert et l'axe Audra-Europe, juste à côté de l'entrée principale du Stade Yves du Manoir d'autre part. Précisons qu'à partir de ce dernier carrefour jusqu'à NANTERRE en passant par l'Hôpital Louis Mourier et en s'interconnectant avec la ligne T2 sur le boulevard Charles De Gaulle, le tracé ne suscite aucune polémique. 

Les 2 variantes de tracé sont les suivantes :

- un 1er tracé propose de passer par l'avenue de l'Agent Sarre, la gare de COLOMBES, tout le centre de COLOMBES jusqu'à la place du Souvenir puis de descendre le boulevard Edgar Quinet et une partie de la rue Paul Bert jusqu'au carrefour evoqué ci-dessus. Ce projet a le soutien du STIF (Syndicat des Transports de la Région Ile-de-France) , de la Région Ile de France, de la Ville de BOIS-COLOMBES et de l'actuelle Municipalité de COLOMBES. Il était naguère soutenu par la Municipalité de gauche dirigée par Dominique FRELAUT jusqu'en 2001 ;
- un 2ème tracé propose de descendre l'avenue de Stalingrad jusqu'à l'autoroute A86 en s'interconnectant au passage avec le Transilien à la Gare du Stade puis de longer l'autoroute A86 en desservant la zone Kléber puis en remontant le boulevard de Valmy avant de longer le Stade Yves du Manoir en suivant l'avenue Audra ou l'avenue Pierre de Coubertin jusqu'au carrefour proche de l'entrée principale du Stade Yves du Manoir. Ce projet était soutenu par l'ancienne Municipalité dirigée par Nicole GOUETA et est farouchement soutenu par l'actuelle Opposition municipale de COLOMBES.

Ainsi, le débat NORD-SUD serait teinté de clivage DROITE-GAUCHE. Pour cette question comme sur bien d'autres, il serait pourtant plus que nécessaire de dépassionner le débat. Car, de toute façon, aucun tracé n'est idéal. Chaque tracé a ses avantages et ses inconvénients.

A l'appui du 1er tracé, la Gauche soutient principalement les 2 arguments suivants :

- La Ville de COLOMBES ne décide rien sur ce dossier. Il ne sert donc à rien de contester la décision du STIF et de la Régon. Or, le STIF a surtout pour ambition de renforcer ce qui existe déjà et non de se livrer à des innovations de tracé. Dans notre secteur, la ligne de bus existante assurant la transversalité Est-Ouest est le 304. Le trajet de celui-ci correspond exactement au 1er tracé. Le T1 remplacera le 304. En outre, ce tracé est le plus court et donc, apparemment, le moins coûteux.
- Il faut soutenir le Centre de COLOMBES. Le passage du tramway augmentera la chalandise des commerçants de la rue Saint-denis et alentours, chalandise aujourd'hui limitée par les difficultés de stationnement.

En réponse, les tenants du 2ème tracé font valoir la nécessité de désenclaver le Quartier des Fossés-Jean au Nord-Est du territoire de la commune, de développer l'axe constitué par l'avenue de Stalingrad, d'améliorer la désserte de la zone d'entreprises Kléber ainsi que du Stade Yves du Manoir.. En outre, les mêmes ajoutent que, techniquement et économiquement, le passage par l'avenue de l'Agent Sarre et la Gare de COLOMBES poserait d'énormes problèmes de circulation (déjà saturée) et d'alignement des propriétés riveraines.

La question des transports en commun dans notre Ville trouvera évidemment sa place dans l'élaboration du prochain Plan de Déplacement. Toutefois, on peut d'ores et déjà poser en principe que les questions de transport doivent tenir compte de l'existence de pôles d'attraction autour de COLOMBES.

Ces pôes d'attraction sont :
1°) PARIS INTRA MUROS.,
2°) LA DEFENSE
3°) LA PLAINE-SAINT-DENIS et le Port de GENNEVILLIERS.

Notre commune est déjà très bien désservie en direction de PARIS grâce aux 2 lignes et aux 4 gares SNCF ainsi que de nombreuses lignes de bus RATP. Il s'agit d'un axe "radial" classique de la banlieue vers PARIS. Même si tous les quartiers ne sont pas également pourvus de ce point-de-vue, tous ont une solution relativement facile.

En revanche, pour les 2 derniers pôles évoqués ci-dessus, les transports en commun sont clairement sous-développés. Il s'agit de l'axe Est-Ouest complètement déséquilibré : une autoroute A 86 déjà saturée et un déficit d'offre de transports en commun. Songez que le 378, le plus souvent plein à craquer et non en service le dimanche, est la seule ligne reliant le Centre de COLOMBES à LA DEFENSE ! Chaque habitant concerné développe quotidiennement ses petites stratégies pour se rendre à LA DEFENSE mais rien n'est jamais siimple. Et ce point est d'autant plus sensible que COLOMBES attire de nouveaux habitants de plus en plus nombreux à travailler à LA DEFENSE. De ce point-de-vue, l'arrivée du T1 sera plus que bienvenue à COLOMBES. Par exemple, pour se rendre à LA DEFENSE à parir du quartier des Fossés-Jean Nord, il est souvent préférable de prendre le train à la Gare du Stade jusqu'à PARIS SAINT-LAZARE puis de reprendre le train jusqu'à LA DEFENSE. On peut rêver mieux... Le 2ème tracé permettrait d'offrir un accès plus simple vers l'OUEST et vers l'EST à des quartiers qui en sont aujourd'hui totalement dépourvus.

On peut ajouter, (mais on en reparlera), que le Stade Yves du Manoir devrait connaître de nouveaux développements souhaitables. Cet immense terrain est aujourd'hui très mal désservi. On peut imaginer plusieurs accès. aux différentes activités qui pourraient y être proposées. De ce point-de-vue, le 2ème tracé permettrait aussi de désenclaver le Stade Yves du Manoir, grand oublié depuis longtemps de la vie colombienne...






Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Politique locale
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Lundi 15 juin 2009
Je m'en serais voulu de ne pas commenter les résultats d'une élection sur COLOMBES. Voici donc quelques brefs commentaires sur la dernière en date, les Européennes :

1°) Un taux d'abstention de 60,6%, très légèrement supérieur à la moyenne nationale (59,5%). La coupure en deux de COLOMBES se fait nettement sentir sur ce point : Dans le canton SUD, un peu moins d'1 électeur sur 2 s'est déplacé (47,73%), dans les 2 cantons NORD, seulement 1 sur 3. A COLOMBES comme ailleurs, sans doute un certain désintérêt pour des institutions vécues comme lointaines et absconses.

2°) Il n'est pas inintéressant de regrouper les voix selon un clivage Droite-Gauche (même si je sais que tout exercice de ce genre est sujet à caution) 

a)DROITE

Liste 2 : Front National : 681 voix.

Liste 7 : Alternative Libérale : 23 voix.

Liste 8 : Une France Royale au Coeur de l'Europe : 5 voix.

Liste 10 : Alliance Ecologiste Indépendante : 447 voix.

Liste 12 : Liste Solidarité-France : 19 voix.

Liste 14 : UMP : 4993 voix.

Liste 15 : Liste gaulliste Debout la République : 331 voix.

Liste 17 : CNI Pour une Europe Utile : 72 voix.

Liste 22 : Liste de Villiers (Libertas) : 460 voix.

Liste 28 :Liste MODEM Démocrates pour l'Europe : 1356 voix.

 

TOTAL DROITE : 8387 voix, soit 48,23% des suffrages exprimés sur la ville de COLOMBES.

 

b) GAUCHE


Liste 3 : Cannabis Sans Frontières (Alternative écologique) : 61 voix.

Liste 13 : Europe Ecologie : 3519 voix.

Liste 16 : NPA (soutenue par Olivier BESANCENOT) : 614 voix.

Liste 18 : Lutte Ouvrière (soutenue par Arlette LAGUILLER) : 136 voix.

Liste 25 : Front de Gauche : 1432 voix.

Liste 27 : Parti Socialiste "Changer l'Europe, maintenant !" : 2534 voix.

 

TOTAL GAUCHE : 8296 voix, soit 47,71% des suffrages exprimés sur la ville de COLOMBES.

 

c) DIVERS 

Liste 4 : "Pour une France et une Europe plus fraternelles" : 45 voix.

Liste 9 : Union des Gens : 1 voix.

Liste 11 : Europe Démocratie Esperanto : 23 voix.

Liste 20 : Liste Antisioniste (Dieudonné) : 396 voix.

Liste 21 : La Force de la Non-Violence : 1 voix.

Liste 23 : Citoyenneté Culture Européennes : 22 voix.

Liste 24 : La terre sinon rien : 212 voix.

Liste 26 : Neweuropeans : 1 voix.

 

TOTAL DIVERS : 701 voix, soit 4,03% des suffrages exprimés sur la ville de COLOMBES.

 

Selon ce décompte, le total des voix de Droite est légèrement supérieur à celui des voix de Gauche (91 voix d'écart). Un an après les Municipales, la Droite est donc très loin d'être défaite à COLOMBES

3°) A l'échelle de COLOMBES, la liste UMP arrive largement en tête avec 28,71% des suffrages exprimés, au-dessus du résultat national (28,5%) et loin devant la liste arrivant en 2ème (Europe Ecologie : 20,24%) et encore plus loin de celle arrivée en 3ème, celle du Parti du Maire (PS) (14,57%).

4°) Le score d'Europe Ecologie est de 23% dans le Sud, de 16% dans le Nord-Est et de presque 19% dans le Nord-Ouest. Clairement, l'électorat de Gauche de la zone pavillonnaire (majoritairement "bo-bo" (bourgeois bohême)) s'est détourné de ses allégeances traditionnelles pour essayer autre chose. Ce qui montre que cet électorat sur lequel le PS avait tant misé se révèle bien versatile. A la présidentielle de 2007, une partie de ces électeurs était venue grossir les résultats du MODEM. Voici maintenant que ces mêmes électeurs changent à nouveau et courent à présent (plus nombreux cette fois) derrière la bannière de Daniel COHN-BENDIT.

A cela, 3 raisons :

- A tort ou à raison, nombre d'électeurs estiment que ces élections ne sont pas aussi décisives qu'une présidentielle ou une municipale : ils se lâchent donc plus facilement pour voter selon leur impulsion du moment.
- La Gauche traditionnelle est perçue pas ses électeurs comme de plus en plus illisible. D'où une sanction qui frappe tous les partis de gauche à l'exception des Verts.
- Habituellement, cette élection est l'élection de toutes les utopies avec tout le lot d'angoisses qui en est le socle. Cette année, les 2 utopies du moment furent (je résume !) l'Europe et l'Ecologie. Les 2 listes primées (UMP et Europe Ecologie) furent précisément celles qui avaient investi dans ces thèmes durant la campagne.

5°) L'UMP représente 59,53% des voix de Droite à COLOMBES. Par comparaison, le parti du Maire, Philippe SARRE (PS) ne représente que 30,54% des voix de Gauche. La capacité de rassemblement de son propre camp est donc double pour l'UMP comparé à celle du PS. L'UMP a donc, malgré la crise, le vent en poupe à COLOMBES comme sur le reste du territoire national !...

6°) Un temprérament toutefois, car les résultats d'une élection européenne ne préjugent pas de ce qui se passera lors d'élections futures, nationales ou locales. N'oublions pas que le défaite cuisante de la liste menée par Nicolas SARKOZY en 1999 (arrivée derrière la liste PASQUA-VILLIERS avec environ 13% des voix seulement) n'empêcha pas le même Nicolas SARKOZY de remporter haut la main la présidentielle 8 ans plus tard... N'oublions pas non plus que les autres élections sont en général à 2 tours et qu'elles s'appuient souvent sur des réseaux locaux.


6°) A noter, au bureau 34 (Quartier des Grèves), 29 voix pour la liste Antisioniste (traduire pour les non-comprenants : Liste ouvertement Antisémite), soit 10,98% des suffrages exprimés, A méditer...

 

 

Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Politique locale
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Mardi 24 mars 2009

BENOIT XVI SERAIT-IL AUTISTE ?

Professeur Jean Yves Naudet,

Président de l’Association des Economistes Catholiques de France


Le déchaînement médiatique contre Benoît XVI a quelque chose d’indécent. Ce n’est pas la première fois et on l’avait déjà vu à propos du discours de Ratisbonne sur l’Islam, où le Pape, à partir d’une citation ancienne, posait une vraie question sur le lien entre Islam et raison. On vient ces jours-ci de franchir un nouveau palier. Certes, chacun est libre en matière de croyance et chemine comme il peut vers la vérité. Mais ne pas être d’accord n’autorise pas la désinformation, qui est pourtant la règle vis-à-vis de ce pape. Que les professionnels de la contestation, de Mgr Gaillot au journal Le Monde (qui ose titrer à la une « Préservatif : Benoît XVI plus intégriste que Jean-Paul II ») tirent sur le Pape, on y est habitué : ils sont tous infaillible, seul le Pape ne l’est pas. Comme le dit le cardinal André Vingt-Trois, président de la conférence des évêques de France, ils saisissent « l’occasion de se payer le pape ».

Mais voici que la classe politique s’en mêle (y compris certains ministres, qui feraient mieux de s’occuper des affaires de la France). Alain Juppé en est un bon exemple : « Ce pape commence à poser un vrai problème ». Il dénonce une « contre-vérité » venant après la levée  d’excommunication d‘un évêque « apôtre du négationnisme »  et « l’absence de charité extraordinaire » dans l’affaire de l’avortement d’une jeune brésilienne. Bref, M. Juppé a l’impression que le pape « est dans une situation d’autisme total ». Mon point de vue, c’est que c’est M. Juppé et de nombreux hommes politiques qui sont autistes et ne savent pas écouter le pape.

La levée de l’excommunication est-elle une absolution pour les propos et la doctrine des évêques concernés ?

Sur la levée de l’excommunication des quatre évêques de la Fraternité Saint Pie X, tout a été dit dans la belle lettre du Pape aux évêques. Les quatre évêques avaient été excommuniés non pour leurs idées, mais pour avoir été ordonnés sans l’accord du Pape. Leur supérieur a fait un pas vers l’Eglise et a demandé, pour entamer la discussion sur le fond (les questions de doctrine) que le Vatican fasse un geste en levant les excommunications, ce qu’a fait Benoît XVI. On n’en est qu’au début du processus. Ils n’ont aucune fonction au sein de l’Eglise pour l’instant. Le pape n’a en rien approuvé certaines de leurs idées en matière de doctrine et encore moins en matière politique ou historique, ce n’est pas le sujet. Il n’a donc pas levé l’excommunication « d’un évêque négationniste », mais de quatre évêques, parce que son rôle est d’éviter un schisme et d’être le gardien de l’unité. Pourquoi cette question des évêques est-elle si importante ? Parce qu’aucun schisme ne peut se développer et survivre durablement s’il n’y a pas d’évêques, puisque eux seuls peuvent ordonner prêtres et évêques. Il était donc essentiel de tout faire pour qu’ils reviennent vers l’Eglise. Cela n’a aucun rapport avec les propos abominables et surtout inexacts de Mgr Williamson.

Appel à la compassion pour la jeune brésilienne

Sur la question de la jeune brésilienne, d’abord elle n’a évidemment pas été excommuniée, comme on l’a dit partout, puisqu’elle est la victime innocente. Sa mère et les médecins l’ont été, a dit l’évêque du lieu, parce que l’avortement entraîne une excommunication automatique, « latae sententiae » selon la formule du droit canon. Le pape n’a rien dit lui-même, seul un cardinal a rappelé la règle ; les évêques du Brésil ont désapprouvé. Il faut replacer cela dans le contexte de la pression énorme en faveur de l’avortement dans ce pays. Il n’en reste pas moins que le pape n’est en rien en cause dans cette affaire. On peut soutenir, comme l’a fait le président de l’académie pontificale pour la vie, que la première chose à faire aurait été de soutenir cette pauvre enfant, innocente en tous points ; de condamner clairement le violeur ; et surtout de se taire : on ne fait pas un exemple, surtout dans une campagne d’opinion délicate en raison du forcing des pro-avortement, sur un cas extrême, qui appelle du silence ou des paroles d’amour et de compassion, plus qu’un rappel froid et sec de la règle, même si la règle doit être rappelée. Cet appel à la compassion a été repris par beaucoup et notamment par de nombreux évêques.

La lutte contre le sida : affaire de technique ou de liberté humaine ?

Sur la question du préservatif, la désinformation est à son comble. On croirait que le pape a dit « faites l’amour avec qui vous voulez, comme vous voulez, du moment que c’est sans préservatif, qui est le péché suprême ». Il a d’abord parlé avec amour des malades, soulignant la compassion nécessaire, l‘action des organismes catholiques, et il en a d’ailleurs rencontré des responsables pendant son séjour. Il a même réclamé en Afrique la gratuité des soins pour cette maladie. L’Eglise est très présente dans la lutte contre le sida.

Il a ensuite rappelé quel était l’enseignement de l’Eglise. Tout le monde n’est pas obligé d’être d’accord, mais c’est la doctrine de l’Eglise. L’Eglise condamne le vagabondage sexuel et pense qu’un accent exclusif sur le préservatif favorise ce vagabondage, sans apporter une sécurité absolue. La sécurité absolue et la conception de l’Eglise de la sexualité passent par la monogamie, la fidélité, et sinon l’abstinence en dehors du mariage. C’est exigeant. Mais que voulez-vous qu’un pape dise d’autre ? Tout le monde n’approche pas cet idéal. Tout le monde ne partage pas la morale catholique. C’est un fait. Et si l’on n‘y est pas fidèle, mieux vaut en outre ne pas risquer ou donner la mort. Mais le discours qui consiste à dire, avec le préservatif tout est permis, est également faux, médicalement faux, car rien n’est sûr à 100%, et moralement faux.

Tout ceci est compliqué, nuancé, délicat à expliquer. Cela ne se résume pas en 30 secondes à la télévision. La conférence donnée par le pape dans l’avion comportait de très nombreuses questions, y compris sur la crise économique et les réponses de la prochaine encyclique sociale. On a préféré retenir la seule question du sida et dans cette question la phrase sur le préservatif, écartant tout le reste. Le Pape n’avait pourtant fait que dire que la distribution systématique de préservatifs ne permet pas de dépasser le problème du sida, mais peut l’aggraver, en donnant le sentiment que tout est possible, tout est permis.

Comme l’a déclaré le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la conférence des évêques de France, « le pape a voulu se situer devant une alternative : la meilleure façon de lutter contre le sida est-elle d’avoir recours à un moyen technique ou la liberté humaine ? Il se situe dans la perspective la plus honorable, qui est de faire appel à la liberté humaine ».

La pensée de l’Eglise en général et de Benoît XVI en particulier est nuancée, complexe, riche. Elle ne se résume pas en deux ou trois slogans, reprenant des bouts de phrases sorties de leur contexte. Certes, personne n’est obligé d’être catholique ou d’avoir la foi et de partager les idées de l’Eglise. Mais tout le monde a un devoir d’honnêteté. Transformer le pape en bouc émissaire universel est une malhonnêteté. Prétendre l’opposer à Jean-Paul II est un mensonge. Quant aux catholiques, au lieu de crier avec les loups, ils feraient mieux de serrer les rangs et d’aider à faire connaître l’extraordinaire richesse de ce grand pape.


                                   Jean-Yves NAUDET

 
 
 
Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Idées
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Mardi 17 mars 2009

Pas de capitalisme sans capital !

Guillaume Vuillemey et Vincent Poncet* – 12 mars 2009
Article paru dans Le Temps, le 11 mars 2009.


La crise actuelle a parfois été analysée comme « la crise d'un certain capitalisme », lequel serait « déconnecté de la richesse réelle », et « fondé sur de l'argent virtuel ». Mais s’il est vrai que le système actuel repose sur des pyramides vertigineuses de dettes et de crédits, il ne s'agit pas là d'une conséquence du libre fonctionnement des marchés. Au contraire, l'extrême fragilité de nos économies est le fruit d'interventions politiques favorisant systématiquement la consommation par rapport à l'épargne et la dette par rapport au capital. D’où l'émergence d’un « capitalisme sans capital » et l’éclatement de la crise actuelle. Pour en sortir, plutôt que de vouloir stimuler la consommation et l'émission de nouvelles dettes, il conviendrait au contraire de favoriser la reconstitution des stocks d'épargne réelle et de capital.

La crise actuelle est une crise du crédit, causée par les politiques monétaires laxistes des banques centrales, en particulier la Réserve fédérale américaine (Fed). Au lendemain de l'explosion, en 2000, de la bulle des nouvelles technologies, la Fed a cru bon de relancer l'économie en baissant massivement ses taux directeurs, lesquels sont descendus jusqu'à 1 %. Cette politique, qui était un succès en apparence, était pourtant fondamentalement contre-productive, bâtie sur l'idée que l'injection de liquidités dans l'économie permet la création de richesses réelles. Il ne faut donc pas perdre de vue la distinction essentielle entre deux types de crédits, l'un favorable au développement économique, l'autre source de mal-investissements et de crises. Le premier est fondé sur une épargne préalablement accumulée, l'autre non.

Pendant des années, les banques ont prêté de la monnaie créée à partir de rien par de simples écritures comptables, sans épargne en contrepartie. Plus ce processus s'est développé, plus la quantité de monnaie en circulation dans l'économie – appelée masse monétaire – a été déconnectée de la réalité économique. Ces « mauvais » crédits qui ont été octroyés ont donné aux emprunteurs l'illusion de la richesse. Ces derniers ont alors pu effectuer des investissements qu'ils n'auraient pas réalisés si les taux d'intérêt avaient été plus élevés. Ces investissements ont été des mal-investissements, c'est-à-dire qu'ils n'avaient pas de rentabilité réelle. Leur rentabilité n'était qu'apparente, fondée sur l'afflux de « mauvais » crédit. La grande majorité des particuliers et des entreprises ont cédé à cette illusion. Ce fut la phase de bulle, qui a éclaté lorsque la réalité – c'est-à-dire la non-rentabilité de ces investissements – est apparue au grand jour.

Ces « mauvais » crédits ont été émis dès lors que l'on a rompu l’équilibre entre crédit et épargne. Sur le marché, cet équilibre se fait via les taux d'intérêts, qui fluctuent en fonction de l'offre et de la demande de liquidités. Dans notre système monétaire, ce processus est faussé par l'intervention des banques centrales. Les taux ne sont pas des prix de marché mais des prix « administrés » par des entités para-étatiques. Ainsi, la quantité de crédit octroyée sur le marché ne dépend pas du stock d'épargne réelle, mais d'une décision politique.

Les banques centrales, plus ou moins indépendantes des gouvernements, peuvent donc augmenter la quantité de « mauvais » crédit, notamment en abaissant artificiellement leurs taux directeurs, souvent pour financer des promesses pour lesquelles le stock d'épargne existant n'est pas assez important. Aux États-Unis, c'est la volonté de créer une « société de propriétaires » qui a servi de prétexte à de nombreuses dispositions favorisant les crédits immobiliers. Entre 2000 et 2008, la masse monétaire, a doublé aux États-Unis sans que, bien évidemment, la richesse réelle n’ait doublé dans des proportions identiques. C'est dans cet afflux de « mauvais » crédit, salué à l'époque par les gouvernements, que se trouvent les racines de la crise. L'intervention publique a transformé le capitalisme en capitalisme sans capital.

A l'heure actuelle, les secteurs de l'économie qui s'effondrent – au premier rang desquels l'automobile et l'immobilier – sont ceux qui ont bénéficié de ces crédits. Les politiques visant à favoriser un crédit peu cher ont en fait détourné des facteurs de production vers ces secteurs, au détriment d'autres qui auraient été plus rentables. Le « mauvais » crédit, créé à partir de rien, est donc néfaste. Il donne l'illusion de la richesse, déplace des facteurs de production de certains usages vers d'autres, et est à l’origine de nombreux mal-investissements.

À l'inverse, le bon sens voudrait que tout investissement ait pour contrepartie une épargne réelle. C'est pourquoi l'idée de Keynes selon laquelle l'épargne serait stérile ou improductive est erronée. L'épargne a de nombreuses vertus : elle permet l'octroi de « bon » crédit et la création de richesses.

Dès lors, comment la crise peut-elle être résolue ? Toute vraie relance ne peut être qu'une relance par l'épargne permettant la réalisation d'investissements rentables. Pour cela, il est nécessaire de revenir à une économie fondée sur l'épargne et le capital. Mais ni les banques centrales ni les gouvernements ne peuvent augmenter le stock d'épargne réelle. C'est pourquoi il conviendrait tout d'abord de cesser de manipuler les taux d'intérêts.

Mais certaines réformes structurelles sont également nécessaires pour accomplir cette transition. Beaucoup de systèmes fiscaux incitent davantage à la consommation qu'à l'épargne. C'est le cas lorsque la taxation des revenus du capital – intérêts ou dividendes – est importante ou lorsqu'il existe une taxation spécifique des patrimoines, comme l'impôt sur la fortune en France. Pour ce qui est de la fiscalité des entreprises, elle incite au financement par la dette et non au financement par augmentations de capital.

La reconstitution d'un stock d'épargne conséquent suppose aussi que les États mettent un terme à la spirale d'endettement dans laquelle ils sont aujourd'hui enfermés. Car lorsqu'ils empruntent sur le marché des capitaux, ils réduisent d'autant la quantité d'épargne disponible pour les grandes entreprises qui ont, elles aussi, besoin de capitaux.

Le redémarrage de l'économie passe pas une reconstitution des stocks d'épargne et un assainissement des « mauvais » investissements. Il faut se rendre à l’évidence qu’il n’y a pas de capitalisme sans capital !


 

*Guillaume Vuillemey et Vincent Poncet sont chercheurs à l'Institut économique Molinari.

 

Institut économique Molinari

Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Politique nationale
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