Lundi 15 juin 2009
Je m'en serais voulu de ne pas commenter les résultats d'une élection sur COLOMBES. Voici donc quelques brefs commentaires sur la dernière en date, les Européennes :

1°) Un taux d'abstention de 60,6%, très légèrement supérieur à la moyenne nationale (59,5%). La coupure en deux de COLOMBES se fait nettement sentir sur ce point : Dans le canton SUD, un peu moins d'1 électeur sur 2 s'est déplacé (47,73%), dans les 2 cantons NORD, seulement 1 sur 3. A COLOMBES comme ailleurs, sans doute un certain désintérêt pour des institutions vécues comme lointaines et absconses.

2°) Il n'est pas inintéressant de regrouper les voix selon un clivage Droite-Gauche (même si je sais que tout exercice de ce genre est sujet à caution) 

a)DROITE

Liste 2 : Front National : 681 voix.

Liste 7 : Alternative Libérale : 23 voix.

Liste 8 : Une France Royale au Coeur de l'Europe : 5 voix.

Liste 10 : Alliance Ecologiste Indépendante : 447 voix.

Liste 12 : Liste Solidarité-France : 19 voix.

Liste 14 : UMP : 4993 voix.

Liste 15 : Liste gaulliste Debout la République : 331 voix.

Liste 17 : CNI Pour une Europe Utile : 72 voix.

Liste 22 : Liste de Villiers (Libertas) : 460 voix.

Liste 28 :Liste MODEM Démocrates pour l'Europe : 1356 voix.

 

TOTAL DROITE : 8387 voix, soit 48,23% des suffrages exprimés sur la ville de COLOMBES.

 

b) GAUCHE


Liste 3 : Cannabis Sans Frontières (Alternative écologique) : 61 voix.

Liste 13 : Europe Ecologie : 3519 voix.

Liste 16 : NPA (soutenue par Olivier BESANCENOT) : 614 voix.

Liste 18 : Lutte Ouvrière (soutenue par Arlette LAGUILLER) : 136 voix.

Liste 25 : Front de Gauche : 1432 voix.

Liste 27 : Parti Socialiste "Changer l'Europe, maintenant !" : 2534 voix.

 

TOTAL GAUCHE : 8296 voix, soit 47,71% des suffrages exprimés sur la ville de COLOMBES.

 

c) DIVERS 

Liste 4 : "Pour une France et une Europe plus fraternelles" : 45 voix.

Liste 9 : Union des Gens : 1 voix.

Liste 11 : Europe Démocratie Esperanto : 23 voix.

Liste 20 : Liste Antisioniste (Dieudonné) : 396 voix.

Liste 21 : La Force de la Non-Violence : 1 voix.

Liste 23 : Citoyenneté Culture Européennes : 22 voix.

Liste 24 : La terre sinon rien : 212 voix.

Liste 26 : Neweuropeans : 1 voix.

 

TOTAL DIVERS : 701 voix, soit 4,03% des suffrages exprimés sur la ville de COLOMBES.

 

Selon ce décompte, le total des voix de Droite est légèrement supérieur à celui des voix de Gauche (91 voix d'écart). Un an après les Municipales, la Droite est donc très loin d'être défaite à COLOMBES

3°) A l'échelle de COLOMBES, la liste UMP arrive largement en tête avec 28,71% des suffrages exprimés, au-dessus du résultat national (28,5%) et loin devant la liste arrivant en 2ème (Europe Ecologie : 20,24%) et encore plus loin de celle arrivée en 3ème, celle du Parti du Maire (PS) (14,57%).

4°) Le score d'Europe Ecologie est de 23% dans le Sud, de 16% dans le Nord-Est et de presque 19% dans le Nord-Ouest. Clairement, l'électorat de Gauche de la zone pavillonnaire (majoritairement "bo-bo" (bourgeois bohême)) s'est détourné de ses allégeances traditionnelles pour essayer autre chose. Ce qui montre que cet électorat sur lequel le PS avait tant misé se révèle bien versatile. A la présidentielle de 2007, une partie de ces électeurs était venue grossir les résultats du MODEM. Voici maintenant que ces mêmes électeurs changent à nouveau et courent à présent (plus nombreux cette fois) derrière la bannière de Daniel COHN-BENDIT.

A cela, 3 raisons :

- A tort ou à raison, nombre d'électeurs estiment que ces élections ne sont pas aussi décisives qu'une présidentielle ou une municipale : ils se lâchent donc plus facilement pour voter selon leur impulsion du moment.
- La Gauche traditionnelle est perçue pas ses électeurs comme de plus en plus illisible. D'où une sanction qui frappe tous les partis de gauche à l'exception des Verts.
- Habituellement, cette élection est l'élection de toutes les utopies avec tout le lot d'angoisses qui en est le socle. Cette année, les 2 utopies du moment furent (je résume !) l'Europe et l'Ecologie. Les 2 listes primées (UMP et Europe Ecologie) furent précisément celles qui avaient investi dans ces thèmes durant la campagne.

5°) L'UMP représente 59,53% des voix de Droite à COLOMBES. Par comparaison, le parti du Maire, Philippe SARRE (PS) ne représente que 30,54% des voix de Gauche. La capacité de rassemblement de son propre camp est donc double pour l'UMP comparé à celle du PS. L'UMP a donc, malgré la crise, le vent en poupe à COLOMBES comme sur le reste du territoire national !...

6°) Un temprérament toutefois, car les résultats d'une élection européenne ne préjugent pas de ce qui se passera lors d'élections futures, nationales ou locales. N'oublions pas que le défaite cuisante de la liste menée par Nicolas SARKOZY en 1999 (arrivée derrière la liste PASQUA-VILLIERS avec environ 13% des voix seulement) n'empêcha pas le même Nicolas SARKOZY de remporter haut la main la présidentielle 8 ans plus tard... N'oublions pas non plus que les autres élections sont en général à 2 tours et qu'elles s'appuient souvent sur des réseaux locaux.


6°) A noter, au bureau 34 (Quartier des Grèves), 29 voix pour la liste Antisioniste (traduire pour les non-comprenants : Liste ouvertement Antisémite), soit 10,98% des suffrages exprimés, A méditer...

 

 

Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Politique locale
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Mardi 24 mars 2009

BENOIT XVI SERAIT-IL AUTISTE ?

Professeur Jean Yves Naudet,

Président de l’Association des Economistes Catholiques de France


Le déchaînement médiatique contre Benoît XVI a quelque chose d’indécent. Ce n’est pas la première fois et on l’avait déjà vu à propos du discours de Ratisbonne sur l’Islam, où le Pape, à partir d’une citation ancienne, posait une vraie question sur le lien entre Islam et raison. On vient ces jours-ci de franchir un nouveau palier. Certes, chacun est libre en matière de croyance et chemine comme il peut vers la vérité. Mais ne pas être d’accord n’autorise pas la désinformation, qui est pourtant la règle vis-à-vis de ce pape. Que les professionnels de la contestation, de Mgr Gaillot au journal Le Monde (qui ose titrer à la une « Préservatif : Benoît XVI plus intégriste que Jean-Paul II ») tirent sur le Pape, on y est habitué : ils sont tous infaillible, seul le Pape ne l’est pas. Comme le dit le cardinal André Vingt-Trois, président de la conférence des évêques de France, ils saisissent « l’occasion de se payer le pape ».

Mais voici que la classe politique s’en mêle (y compris certains ministres, qui feraient mieux de s’occuper des affaires de la France). Alain Juppé en est un bon exemple : « Ce pape commence à poser un vrai problème ». Il dénonce une « contre-vérité » venant après la levée  d’excommunication d‘un évêque « apôtre du négationnisme »  et « l’absence de charité extraordinaire » dans l’affaire de l’avortement d’une jeune brésilienne. Bref, M. Juppé a l’impression que le pape « est dans une situation d’autisme total ». Mon point de vue, c’est que c’est M. Juppé et de nombreux hommes politiques qui sont autistes et ne savent pas écouter le pape.

La levée de l’excommunication est-elle une absolution pour les propos et la doctrine des évêques concernés ?

Sur la levée de l’excommunication des quatre évêques de la Fraternité Saint Pie X, tout a été dit dans la belle lettre du Pape aux évêques. Les quatre évêques avaient été excommuniés non pour leurs idées, mais pour avoir été ordonnés sans l’accord du Pape. Leur supérieur a fait un pas vers l’Eglise et a demandé, pour entamer la discussion sur le fond (les questions de doctrine) que le Vatican fasse un geste en levant les excommunications, ce qu’a fait Benoît XVI. On n’en est qu’au début du processus. Ils n’ont aucune fonction au sein de l’Eglise pour l’instant. Le pape n’a en rien approuvé certaines de leurs idées en matière de doctrine et encore moins en matière politique ou historique, ce n’est pas le sujet. Il n’a donc pas levé l’excommunication « d’un évêque négationniste », mais de quatre évêques, parce que son rôle est d’éviter un schisme et d’être le gardien de l’unité. Pourquoi cette question des évêques est-elle si importante ? Parce qu’aucun schisme ne peut se développer et survivre durablement s’il n’y a pas d’évêques, puisque eux seuls peuvent ordonner prêtres et évêques. Il était donc essentiel de tout faire pour qu’ils reviennent vers l’Eglise. Cela n’a aucun rapport avec les propos abominables et surtout inexacts de Mgr Williamson.

Appel à la compassion pour la jeune brésilienne

Sur la question de la jeune brésilienne, d’abord elle n’a évidemment pas été excommuniée, comme on l’a dit partout, puisqu’elle est la victime innocente. Sa mère et les médecins l’ont été, a dit l’évêque du lieu, parce que l’avortement entraîne une excommunication automatique, « latae sententiae » selon la formule du droit canon. Le pape n’a rien dit lui-même, seul un cardinal a rappelé la règle ; les évêques du Brésil ont désapprouvé. Il faut replacer cela dans le contexte de la pression énorme en faveur de l’avortement dans ce pays. Il n’en reste pas moins que le pape n’est en rien en cause dans cette affaire. On peut soutenir, comme l’a fait le président de l’académie pontificale pour la vie, que la première chose à faire aurait été de soutenir cette pauvre enfant, innocente en tous points ; de condamner clairement le violeur ; et surtout de se taire : on ne fait pas un exemple, surtout dans une campagne d’opinion délicate en raison du forcing des pro-avortement, sur un cas extrême, qui appelle du silence ou des paroles d’amour et de compassion, plus qu’un rappel froid et sec de la règle, même si la règle doit être rappelée. Cet appel à la compassion a été repris par beaucoup et notamment par de nombreux évêques.

La lutte contre le sida : affaire de technique ou de liberté humaine ?

Sur la question du préservatif, la désinformation est à son comble. On croirait que le pape a dit « faites l’amour avec qui vous voulez, comme vous voulez, du moment que c’est sans préservatif, qui est le péché suprême ». Il a d’abord parlé avec amour des malades, soulignant la compassion nécessaire, l‘action des organismes catholiques, et il en a d’ailleurs rencontré des responsables pendant son séjour. Il a même réclamé en Afrique la gratuité des soins pour cette maladie. L’Eglise est très présente dans la lutte contre le sida.

Il a ensuite rappelé quel était l’enseignement de l’Eglise. Tout le monde n’est pas obligé d’être d’accord, mais c’est la doctrine de l’Eglise. L’Eglise condamne le vagabondage sexuel et pense qu’un accent exclusif sur le préservatif favorise ce vagabondage, sans apporter une sécurité absolue. La sécurité absolue et la conception de l’Eglise de la sexualité passent par la monogamie, la fidélité, et sinon l’abstinence en dehors du mariage. C’est exigeant. Mais que voulez-vous qu’un pape dise d’autre ? Tout le monde n’approche pas cet idéal. Tout le monde ne partage pas la morale catholique. C’est un fait. Et si l’on n‘y est pas fidèle, mieux vaut en outre ne pas risquer ou donner la mort. Mais le discours qui consiste à dire, avec le préservatif tout est permis, est également faux, médicalement faux, car rien n’est sûr à 100%, et moralement faux.

Tout ceci est compliqué, nuancé, délicat à expliquer. Cela ne se résume pas en 30 secondes à la télévision. La conférence donnée par le pape dans l’avion comportait de très nombreuses questions, y compris sur la crise économique et les réponses de la prochaine encyclique sociale. On a préféré retenir la seule question du sida et dans cette question la phrase sur le préservatif, écartant tout le reste. Le Pape n’avait pourtant fait que dire que la distribution systématique de préservatifs ne permet pas de dépasser le problème du sida, mais peut l’aggraver, en donnant le sentiment que tout est possible, tout est permis.

Comme l’a déclaré le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la conférence des évêques de France, « le pape a voulu se situer devant une alternative : la meilleure façon de lutter contre le sida est-elle d’avoir recours à un moyen technique ou la liberté humaine ? Il se situe dans la perspective la plus honorable, qui est de faire appel à la liberté humaine ».

La pensée de l’Eglise en général et de Benoît XVI en particulier est nuancée, complexe, riche. Elle ne se résume pas en deux ou trois slogans, reprenant des bouts de phrases sorties de leur contexte. Certes, personne n’est obligé d’être catholique ou d’avoir la foi et de partager les idées de l’Eglise. Mais tout le monde a un devoir d’honnêteté. Transformer le pape en bouc émissaire universel est une malhonnêteté. Prétendre l’opposer à Jean-Paul II est un mensonge. Quant aux catholiques, au lieu de crier avec les loups, ils feraient mieux de serrer les rangs et d’aider à faire connaître l’extraordinaire richesse de ce grand pape.


                                   Jean-Yves NAUDET

 
 
 
Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Idées
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mardi 17 mars 2009

Pas de capitalisme sans capital !

Guillaume Vuillemey et Vincent Poncet* – 12 mars 2009
Article paru dans Le Temps, le 11 mars 2009.


La crise actuelle a parfois été analysée comme « la crise d'un certain capitalisme », lequel serait « déconnecté de la richesse réelle », et « fondé sur de l'argent virtuel ». Mais s’il est vrai que le système actuel repose sur des pyramides vertigineuses de dettes et de crédits, il ne s'agit pas là d'une conséquence du libre fonctionnement des marchés. Au contraire, l'extrême fragilité de nos économies est le fruit d'interventions politiques favorisant systématiquement la consommation par rapport à l'épargne et la dette par rapport au capital. D’où l'émergence d’un « capitalisme sans capital » et l’éclatement de la crise actuelle. Pour en sortir, plutôt que de vouloir stimuler la consommation et l'émission de nouvelles dettes, il conviendrait au contraire de favoriser la reconstitution des stocks d'épargne réelle et de capital.

La crise actuelle est une crise du crédit, causée par les politiques monétaires laxistes des banques centrales, en particulier la Réserve fédérale américaine (Fed). Au lendemain de l'explosion, en 2000, de la bulle des nouvelles technologies, la Fed a cru bon de relancer l'économie en baissant massivement ses taux directeurs, lesquels sont descendus jusqu'à 1 %. Cette politique, qui était un succès en apparence, était pourtant fondamentalement contre-productive, bâtie sur l'idée que l'injection de liquidités dans l'économie permet la création de richesses réelles. Il ne faut donc pas perdre de vue la distinction essentielle entre deux types de crédits, l'un favorable au développement économique, l'autre source de mal-investissements et de crises. Le premier est fondé sur une épargne préalablement accumulée, l'autre non.

Pendant des années, les banques ont prêté de la monnaie créée à partir de rien par de simples écritures comptables, sans épargne en contrepartie. Plus ce processus s'est développé, plus la quantité de monnaie en circulation dans l'économie – appelée masse monétaire – a été déconnectée de la réalité économique. Ces « mauvais » crédits qui ont été octroyés ont donné aux emprunteurs l'illusion de la richesse. Ces derniers ont alors pu effectuer des investissements qu'ils n'auraient pas réalisés si les taux d'intérêt avaient été plus élevés. Ces investissements ont été des mal-investissements, c'est-à-dire qu'ils n'avaient pas de rentabilité réelle. Leur rentabilité n'était qu'apparente, fondée sur l'afflux de « mauvais » crédit. La grande majorité des particuliers et des entreprises ont cédé à cette illusion. Ce fut la phase de bulle, qui a éclaté lorsque la réalité – c'est-à-dire la non-rentabilité de ces investissements – est apparue au grand jour.

Ces « mauvais » crédits ont été émis dès lors que l'on a rompu l’équilibre entre crédit et épargne. Sur le marché, cet équilibre se fait via les taux d'intérêts, qui fluctuent en fonction de l'offre et de la demande de liquidités. Dans notre système monétaire, ce processus est faussé par l'intervention des banques centrales. Les taux ne sont pas des prix de marché mais des prix « administrés » par des entités para-étatiques. Ainsi, la quantité de crédit octroyée sur le marché ne dépend pas du stock d'épargne réelle, mais d'une décision politique.

Les banques centrales, plus ou moins indépendantes des gouvernements, peuvent donc augmenter la quantité de « mauvais » crédit, notamment en abaissant artificiellement leurs taux directeurs, souvent pour financer des promesses pour lesquelles le stock d'épargne existant n'est pas assez important. Aux États-Unis, c'est la volonté de créer une « société de propriétaires » qui a servi de prétexte à de nombreuses dispositions favorisant les crédits immobiliers. Entre 2000 et 2008, la masse monétaire, a doublé aux États-Unis sans que, bien évidemment, la richesse réelle n’ait doublé dans des proportions identiques. C'est dans cet afflux de « mauvais » crédit, salué à l'époque par les gouvernements, que se trouvent les racines de la crise. L'intervention publique a transformé le capitalisme en capitalisme sans capital.

A l'heure actuelle, les secteurs de l'économie qui s'effondrent – au premier rang desquels l'automobile et l'immobilier – sont ceux qui ont bénéficié de ces crédits. Les politiques visant à favoriser un crédit peu cher ont en fait détourné des facteurs de production vers ces secteurs, au détriment d'autres qui auraient été plus rentables. Le « mauvais » crédit, créé à partir de rien, est donc néfaste. Il donne l'illusion de la richesse, déplace des facteurs de production de certains usages vers d'autres, et est à l’origine de nombreux mal-investissements.

À l'inverse, le bon sens voudrait que tout investissement ait pour contrepartie une épargne réelle. C'est pourquoi l'idée de Keynes selon laquelle l'épargne serait stérile ou improductive est erronée. L'épargne a de nombreuses vertus : elle permet l'octroi de « bon » crédit et la création de richesses.

Dès lors, comment la crise peut-elle être résolue ? Toute vraie relance ne peut être qu'une relance par l'épargne permettant la réalisation d'investissements rentables. Pour cela, il est nécessaire de revenir à une économie fondée sur l'épargne et le capital. Mais ni les banques centrales ni les gouvernements ne peuvent augmenter le stock d'épargne réelle. C'est pourquoi il conviendrait tout d'abord de cesser de manipuler les taux d'intérêts.

Mais certaines réformes structurelles sont également nécessaires pour accomplir cette transition. Beaucoup de systèmes fiscaux incitent davantage à la consommation qu'à l'épargne. C'est le cas lorsque la taxation des revenus du capital – intérêts ou dividendes – est importante ou lorsqu'il existe une taxation spécifique des patrimoines, comme l'impôt sur la fortune en France. Pour ce qui est de la fiscalité des entreprises, elle incite au financement par la dette et non au financement par augmentations de capital.

La reconstitution d'un stock d'épargne conséquent suppose aussi que les États mettent un terme à la spirale d'endettement dans laquelle ils sont aujourd'hui enfermés. Car lorsqu'ils empruntent sur le marché des capitaux, ils réduisent d'autant la quantité d'épargne disponible pour les grandes entreprises qui ont, elles aussi, besoin de capitaux.

Le redémarrage de l'économie passe pas une reconstitution des stocks d'épargne et un assainissement des « mauvais » investissements. Il faut se rendre à l’évidence qu’il n’y a pas de capitalisme sans capital !


 

*Guillaume Vuillemey et Vincent Poncet sont chercheurs à l'Institut économique Molinari.

 

Institut économique Molinari

Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Politique nationale
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 16 mars 2009

Comme après chaque élection, l'analyse des résultats permet de faire un point sur l'état des forces politiques en présence et sur le comportement des électeurs. Et cette élection cantonale partielle dans le Canton de COLOMBES Nord-Ouest nous livre quelques enseignements intéressants :

1°) La participation du 2ème tour n'a guère été beaucoup plus élevée que celle du 1er. 2 993 électeurs se sont déplacés ce dimanche 15, ce qui représente 22,58% des inscrits (c'était 21,73% au 1er tour !), soit un écart de +0.85% seulement des inscrits entre les 2 tours. Le surcroît de participation (112 électeurs) est en fait le solde de 2 mouvements croisés : des abstentionnistes du 1er tour qui ont finalement voté au 2ème tour, mais également des votants du 1er tour qui ont choisi de s'abstenir au 2ème tour.

2°) Sans surprise, le socialiste Bernard LUCAS a été élu conseiller général avec Nora DJEBARRI comme suppléante. Bravo à ces 2 candidats pour leur victoire, même si, comme chacun peut s'en douter, je ne m'en réjouis pas. Et 'il faut aussi féliciter les candidats UMP Lionnel RAINFRAY et Nadia FRONTIGNY qui ont effectué une vraie performance en franchissant la barre des 40%. Rappelons que Cécile BARTHE, candidate UMP en 2004, avait été battue avec un peu plus de 33%. Le score de la liste conduite par Nicole GOUETA au 2ème tour de l'élection municipale de 2008 était de 38,5% sur ce canton. Cette élection cantonale partielle y aura encore vu progresser l'UMP.  Avec 40,26% très exactement, les candidats UMP permettent cette fois à la Droite et au Centre d'envisager l'avenir avec détermination et sérénité sur ce canton et donc sur l'ensemble de la ville de COLOMBES. Lionnel RAINFRAY se trouve ainsi renforcé dans son rôle de chef de l'opposition municipale

3°) Lorsqu'on regarde les chiffres en détail, on s'aperçoit que la Gauche a perdu un peu plus de 3 points entre les 2 tours alors que, symétriquement la Droite en a gagné 3. Ces 2 évolutions croisées s'expliquent de la façon suivante :

a) L'addition des voix de Droite et du Centre du 1er tour (UMP, MODEM et DLR) s'élevait à 1 046 voix. Au 2ème tour, les candidats UMP en obtinrent 1 167, soit 121 de plus. En excluant l'hypothèse que des voix de gauche du 1er tour se soient portées sur les candidats UMP au 2ème tour (rien n'est jamais totalement exclu mais enfin, c'est peu probable), ce supplément de voix ne peut venir que de la mobilisation d'abstentionnistes du 1er tour. On remarquera d'ailleurs que la moitié du solde positif d'abstentionnistes du 1er tour ayant voté au 2ème (112 électeurs) sont inscrits dans les bureaux 36 (31 électeurs) et 39 (36 électeurs) qui sont les 2 bureaux où l'UMP a remporté plus de 50% des voix au 2ème tour. On notera également que dans le bureau 34 (couvrant entre autres le quartier des Grèves), la Droite double son score entre les 2 tours alors même que la participation y augmente aussi. Donc l'UMP a su puiser quelques réserves chez les abstentionnistes du 1er tour...

b) L'addition des voix de Gauche du 1er tour (PS, PC, Verts et Perramin) s'élevait à 1 771 voix alors qu'au 2ème tour, les candidats socialistes n'en obtinrent que 1 732, soit 39 voix de moins. Des voix de Gauche se sont donc perdues entre les 2 tours : abstention et vote blanc...

c) En réalité, dans les 2 camps et à la marge, les reports de voix n'ont pas été automatiques. Et les pertes de voix de chaque camp sont constatées dans les bureaux où, au 1er tour, des candidats alliés ont fait de bons scores.

 

- Pour la Gauche, prenons pour exemple le bureau 27 qui correspond, à peu près, à la cité Estienne d'Orves. Dans ce bureau (que certains nomment facétieusement "Bureau Sotura" du nom de l'ancien et inamovible conseiller général communiste de ce canton qui, longtemps, a aussi présidé ce bureau de vote), les candidats communistes ont obtenu  un meilleur score que les candidats socialistes au 1er tour (43,42% contre 24,67%). La Gauche toutes tendances confondues y obtenait 228 voix au 1er tour mais seulement 201 voix au 2ème, soit 27 voix perdues en bulletins nuls (+ 8) ou en abstentions... Le même phénomène est observé dans les bureaux 31, 32 et 34 où la Gauche est habituellement largement majoritaire...

- Pour la Droite et le Centre, le phénomène d'érosion entre les 2 tours est également observé dans les bureaux 28 et 29 où le MODEM a enregistré ses meilleurs scores au 1er tour (respectivement 11,07% et 11,64%). Dans ces 2 bureaux, une partie des électeurs du MODEM n'a pas voté pour les candidats UMP au 2ème tour.

4°) Au chapitre des particularités locales, citons le bureau 36 (Ambroise Paré) qui a fourni à l'UMP son meilleur score dans le canton (62,14%). Il faut remonter à la Municipale 2001 pour retrouver un score supérieur à 60% dans ce bureau. Citons également le bureau 34 (Charles Péguy - Grèves) où l'UMP a enregistré sa plus forte progression entre les 2 tours : + 32 voix et +12,85 points en % des votants. Il est vrai que c'est aussi dans ce bureau que Jean-Claude PERRAMIN, candidat sans étiquette mais plutôt à gauche, recueillit près de la moitié de ses voix au 1er tour (51 voix sur 107).

Pour résumer, la Gauche reste majoritaire sous conduite socialiste même si une frange des électeurs verts et surtout communistes n'entendent pas laisser les coudées trop franches au PS... L'UMP, sous la conduite de Lionnel RAINFRAY, a réussi, en très peu de temps, à mobiliser son électorat et même un peu au-delà, pour faire progresser son camp. C'est assurément le fruit d'une plus grande présence sur le terrain...

Et ne l'oublions pas : ce canton revotera dans 2 ans, en 2011. Ce ne sera pas officiellement une élection partielle bien que ce sera encore, à cette occasion, le seul canton de COLOMBES à voter (les cantons de COLOMBES SUD et de COLOMBES NORD-EST ne votant qu'en même temps que l'élection municipale).

D'ici là, bien des lignes pourront bouger encore...



  

Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Politique locale
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 16 mars 2009

Sur l'ensemble du canton de COLOMBES Nord-Ouest :

Inscrits : 13 257
Votants : 2 993 soit 22,58% des inscrits.
Blancs et nuls : 94 soit 3,14% des votants
Lionnel RAINFRAY (UMP) : 1 167 voix (40,26%)
Bernard LUCAS (PS) : 1 732 voix (59,74%) ELU

Bureau 27 (Ecole Jean Moulin Maternelle)

Inscrits : 1 192
Votants : 305 soit 25,59% des inscrits.
Blancs et nuls : 15 soit 4,92% des votants
Lionnel RAINFRAY (UMP) : 89 voix (30,69%)
Bernard LUCAS (PS) : 201 voix (69,31%)

Bureau 28 (Ecole Henri Martin Maternelle)

Inscrits : 988
Votants : 282 soit 28,54% des inscrits.
Blancs et nuls : 10 soit 3,55% des votants
Lionnel RAINFRAY (UMP) : 132 voix (48,53%)
Bernard LUCAS (PS) : 140 voix (51,47%)

 

Bureau 29 (Ex. Ecole Henri Martin Maternelle)

Inscrits : 928
Votants : 245 soit 26,40% des inscrits.
Blancs et nuls : 5 soit 2,04% des votants
Lionnel RAINFRAY (UMP) : 110 voix (45,83%)
Bernard LUCAS (PS) : 130 voix (54,17%)

Bureau 30 (Ecole Henri Martin Elémentaire B)


Inscrits : 999
Votants : 308 soit 30,83% des inscrits.
Blancs et nuls : 6 soit 1.95% des votants
Lionnel RAINFRAY (UMP) : 129 voix (42.72%)
Bernard LUCAS (PS) : 173 voix (57.28%)

Bureau 31 (Ecole Buffon Salle Polyvalente)

Inscrits : 973
Votants : 155 soit 15.93% des inscrits.
Blancs et nuls : 5 soit 3,23% des votants
Lionnel RAINFRAY (UMP) : 22 voix (14,67%)
Bernard LUCAS (PS) : 128 voix (85.33%)

Bureau 32 (Ecole Côtes d'Auty Maternelle)

Inscrits : 1 016
Votants : 190 soit 18,70% des inscrits.
Blancs et nuls : 8 soit 4.21% des votants
Lionnel RAINFRAY (UMP) : 44 voix (24,18%)
Bernard LUCAS (PS) : 138 voix (75.82%)

Bureau 33 (Ecole Charles Perrault Maternelle)


Inscrits : 1 059
Votants : 209 soit 19,74% des inscrits.
Blancs et nuls : 3 soit 1.44% des votants
Lionnel RAINFRAY (UMP) : 80 voix (38.83%)
Bernard LUCAS (PS) : 126 voix (61.17%)

Bureau 34 (Ecole Charles Péguy Elémentaire B)

Inscrits : 1 158
Votants : 249 soit 21,50% des inscrits.
Blancs et nuls : 14 soit 5.62% des votants
Lionnel RAINFRAY (UMP) : 62 voix (26,38%)
Bernard LUCAS (PS) : 173 voix (73.62%)

Bureau 35 (Ecole La Tour d'Auvergne Elémentaire)


Inscrits : 1 044
Votants : 169 soit 16.19% des inscrits.
Blancs et nuls : 1 soit 0.59% des votants
Lionnel RAINFRAY (UMP) : 69 voix (41.07%)
Bernard LUCAS (PS) : 99 voix (58.93%)

Bureau 36 (Ecole Ambroise Paré Elémentaire)


Inscrits : 1 043
Votants : 252 soit 24.16% des inscrits.
Blancs et nuls : 9 soit 3,57% des votants
Lionnel RAINFRAY (UMP) : 151 voix (62.14%)
Bernard LUCAS (PS) : 92 voix (37.86%)

Bureau 37 (Ecole Charles Péguy Elémentaire B)

Inscrits : 1 110
Votants : 216 soit 19.46% des inscrits.
Blancs et nuls : 7 soit 3,24% des votants
Lionnel RAINFRAY (UMP) : 80 voix (38.28%)
Bernard LUCAS (PS) : 129 voix (61.72%)

Bureau 38 (Ecole Buffon Salle Polyvalente)


Inscrits : 791
Votants : 135 soit 17.07% des inscrits.
Blancs et nuls : 6 soit 4.44% des votants
Lionnel RAINFRAY (UMP) : 50 voix (38.76%)
Bernard LUCAS (PS) : 79 voix (61.24%)

Bureau 39 (Ecole Henri Martin Elémentaire)

Inscrits : 956
Votants : 278 soit 29.08% des inscrits.
Blancs et nuls : 5 soit 1.80% des votants
Lionnel RAINFRAY (UMP) : 149 voix (54.58%)
Bernard LUCAS (PS) : 124 voix (45.42%)

Analyse complète de ces résultats ce lundi dans la journée sur ce blog.

Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Politique locale
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus