Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /Avr /2010 20:44

"Sauf si... "  Ainsi se terminait mon dernier article... Et je persiste, la Droite n'a plus d'avenir à COLOMBES... "sauf si"... (la liste des "si" sera longue à énumérer), les élus et militants de Droite commencent déjà par faire l'effort de comprendre ce qui se passe sous leurs yeux... Dans un premier temps, comprendre...

 

Le fait majeur de la dernière élection régionale fut, comme chacun le sait, l'abstention.... Phénomène national (donc non purement colombien) et pas tout-à-fait inédit, puisqu'il fait écho à ce qui s'était déjà passé lors des élection européennes de 2009. De comportement négligent, l'abstention tend à devenir un véritable mode d'expression dont le contenu devient presque plus épais et donc plus significatif que celui d'un vote...  Pas tout-à-fait rassurant pour la démocratie mais il faudra faire avec...

 

3 causes peuvent expliquer l'importance de cette abstention massive en sachant que chaque abstentionniste n'a pas nécessairement été mû par l'ensemble de ces 3 causes simultanément. On peut parler de 3 couches d'abstentionnistes...

 

1ère cause : région, Europe... des entités abstraites, lointaines, compliquées, qui s'inscrivent dans un cadre bureaucratique auquel personne ne comprend plus rien... Ce millefeuille institutionnel français avec sa myriade de collectivités imbriquées les unes dans les autres, se subventionnant les unes les autres dans tous les sens, et avec sa cohorte d'élus gonflés d'importance mais que personne ne connaît... Il y a sans doute le pressentiment d'un énorme gaspillage de ressources. On comprend qu'une partie de l'électorat refuse de donner sa voix dans un jeu dont les règles lui échappe... Ce n'est pas seulement une question de pédagogie, mais aussi et surtout le souci d'une simplification... Il est vrai que tant la fiscalité locale (largement illisible) que les modes de scrutin (très différents d'une catégorie de collectivité à l'autre) n'aident pas le citoyen "lambda". Le Gouvernement a lancé l'idée d'une réforme des collectivités locales... C'est sans doute le début d'une bonne réponse.

 

2ème cause : la Crise... 2008-2009 : une grave crise touche l'économie mondiale et, par voie de conséquence, l'économie française. Les incertitudes, les doutes rongent les esprits ; la peur du lendemain, l'angoisse du chômage se répand, la précarité devient une seconde nature... Car, au fond, l'idée de Crise ne date pas d'hier... Cela fait plus de 30 ans qu'on parle de Crise... Depuis la fin des 30 Glorieuses, l'économie mondiale semble le jouet de convulsions successives... Le chômage de masse reste une constante, le besoin d'aide sociale est abyssal, la crise du logement est endémique... Et tout cela sans que les politiques, de Droite comme de Gauche, ait produit la moindre preuve d'un début de compétence pour apporter une solution durable à l'éradication de ces métastases... En fait, les politiques donnent l'impression d'être déboussolés, dépassés par des phénomènes qu'ils ne maîtrisent pas... Et ,pardon de le dire, mais je ne suis pas sûr que le Président pour lequel j'avais pourtant voté en 2007 ait été très convaincant lors de la survenue de la Crise de septembre 2008... Contrairement aux apparences, ses grandes imprécations pour "moraliser le capitalisme", pour traquer les bonus et pour fustiger les banquiers et les traders n'ont pas fourni le signe d'une grande maîtrise du sujet. On en reparlera car ce point est absolument capital... Dans un tel contexte, le non-vote devient un acte positif de défiance spontanée et volontaire... Une sorte d'objection de conscience électorale à l'égard de politiques incompétents ou perçus comme tels...

 

3ème cause : le grand malentendu autour de... Nicolas SARKOZY ! Rappelez-vous en 2007 l'immense espoir soulevé par la candidaure de Niciolas SARKOZY autour de l'idée de rupture.. Rupture avec 3 décennies d'impussance, avec l'immobilisme ambiant; avec les obstacles à la croissance et aux réformes... Las, aussitôt l'élection passée, l'idée de rupture semble être passée à la trappe et a fait jour à une autre idée, virant àl'obsession, l'ouverture... Cette idée d'enrôler des membres du camp opposé, prônée durant la campagne de 2007 par un certain François BAYROU , avait été vigoureusement combattue, à l'époque, par Nicolas SARKOZY qui trouvait cette idée complètement saugrenue. Il s'agit en fait d'un reniement. Reniement dont la portée est bien plus grave qu'il y paraît. Car il n'a nullement été demandé aux nouveaux transfuges d'adopter les idées de leur camp d'adoption. "Je ne te demande pas de renoncer à tes idées socialistes"... Il a juste été demandé à l'ensemble de l'électorat de Droite d'adopter des idées de Gauche sur l'environnement, sur la fiscalité, sur la politique économique, etc... et presque des idées d'Extrême-Droite sur l'immigration et l'identité nationale... L'idée d'ouverture a donc été le prolongement de ce conscensus mou qu'avait déjà dénoncé une fraction de l'électorat de Droite lors des Régionales de 2004 et du Référendum de 2005. Pour nombre d'électeurs sarkozystes de 2007, l'idée d''ouverture a signifié la fermeture d'un horizon... Sans déplacer un seul électeur de Gauche à Droite...

 

L'abstention  s'est donc traduite par une victoire "technque" de la Gauche. Mais qu'on ne s'y trompe pas : il ne s'agit pas d'une adhésion massive aux mots d'ordre de la Gauche. C'est même bien plus qu'une élection intermédiaire où une fraction de  l'électorat de Droite se serait défoulé... C'est un sérieux avertissement donné aux politiques, et notamment à ceux au Pouvoir aujourd'hui...

 

L'abstention : une nouvelle forme de citoyenneté ?

 

A suivre...

 

P.S. : j'ai perdu ma langue de bois... Si quelqu'un la retrouve, qu'il ait la bonté de ne pas me la rapporter.. Merci. :-)

 

Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Politique nationale
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Commentaires

Ça fait un moment que j'apprécie, ici, l'absence de langue de bois (ou en tout cas sa grande discrétion). Olivier, si vous la cherchez vraiment, allez faire un tour du côté de D. ou d'A., il devrait y avoir là-bas quelques copeaux.

Je ne suis pas sûr que ce soit « l'ouverture » qui destabilise autant l'électorat traditionnel de la droite, même si j'ai entendu ça de nombreuses fois, pas plus qu'il ne faille blâmer Rama Yade, pointée du doigt elle aussi. La pauvre n'y est pour rien (ce qu'on pourrait d'ailleurs lui reprocher, de fait).

Mon impression, c'est surtout que la politique actuellement menée ne convainc personne. Elle braque l'électorat de gauche (voire du centre) qui redevient farouchement anti-Sarko (comme du temps de l'élection : oh comme il était fustigé). Elle désespère l'électorat de droite à force de grandes déclarations sans suite et une politique qui ne favorise qu'un cercle restreint de privilégiés (bon, je caricature un peu, mais je pourrais dérouler les vrais exemples sans peine).

La droite colombienne a, selon moi, deux gros problèmes à résoudre :

  • un problème de leadership (selon moi, les trois qui se disputent le titre de « chef de l'opposition » n'ont pas grand chose pour eux)
  • un problème, plus préoccupant encore, de manque d'idées devant une équipe municipale qui déroule avec cohérence un programme équilibré. Le débat budgétaire en a été une belle illustration : totale absence de contre-propositions.
    Au niveau national, on reproche beaucoup au PS « de ne pas avoir de programme » (ce que je conteste personnellement !) et de se résumer à un « anti-sarkozysme primaire ». Eh bien au niveau local, on peut dire la même chose. L'opposition se contente de grands cris d'orfraie qui confinent au ridicule (« Colombes est sale » « Insécurité ! » « Explosion des impôts »)

Si la gauche continue de gérer convenablement la ville sans scandale majeur et si la droite ne sort pas de ce marasme, l'opposition a de beaux jours devant elle ... dans l'opposition !

Commentaire n°1 posté par Jérôme le 08/04/2010 à 00h19

Merci pour votre commerntaire aimable... Je suis d'accord avec vous : la langue de bois est une mauvaise langue, une sorte de drogue qui rend aveugle et bride l'esprit. Donc, à bannir...

L'ouverture a, je le crains, causé de gros dégâts chez l'électorat traditionnel de Droite. Non pas tant à cause des recrutements obliques que celle-ci impliquait mais à cause des changements programmatiques et idéologiques qu'elle induisait : pêle-mêle : taxe carbone, adhésion sans réserve au Manifeste de Nicolas HULOT, déclarations tonitruantes pour la "moralisation" du capitalisme (rien de mùoins !), j'en asse et des meilleures... Je ne suis pas sûr que les électeurs de Nicolas SARKOZY avaient cela à l'esprit quand ils ont voté en 2007. Bon, il y a malgré eu quelques réalisations. Et je ne vois bien à quoi vous pensez quand vous parlez de "quelques privilégiés".

Grosso modo, je vous suis pour le constat alarmant de la Droite colombienne. Mais ne cédez pas trop à la facilité : la Droite colombienne est en pleine reconstruction, pour ne pas dire "en pleine construction". Responsables, idées, méthodes, réseaux... Donc, en chantier, "fermeture pour travaux"... En outre, je suis d'accord pour ne pas accabler Rama YADE pour qui j'ai le plus grand respect. Elle n'est évidemment responsable ni du score calamiteux de la Droite aux Municipales de 2008, ni même du résultat des Régionales 2010 sur notre Ville.

Notre point de désaccord se situera certainement plutôt sur l'appréciation de la gestion conduite par l'actuelle Municipalité : votre description d'une "équipe municipale qui déroule avec cohérence un programme équilibré" me paraît légèrement "languedeboisique". A nuancer donc... une Majorté composite, dont les diverses tendances se livrent en permanence à un concours de surenchères, des promesses pas forcément tenues, des réalisations en attente, une transition qui n'en finit pas... Je veux bien entendre que la Droite colombienne a encore tout à prouver. Mais pour la Gauche, je pense que beaucoup d'habitants de COLOMBES restent sur leur faim...  

 

Réponse de Olivier CAMPS-VAQUER le 08/04/2010 à 21h06

Jérôme, Mille excuses... J'ai bien lu votre second commentaire à cet article. J'ai rédigé une réponse et, au moment de la publier, j'ai tout simplement, par pure maladresse, mis à la corbeille à la fois votre commentaire et ma réponse... Donc, pan sur le bec, comme dirait un célèbre volatil enchaîné... Je ne voudrais surtout pas risquer de trahir votre pensée en tentant même une reformulation succincte... Je repousse donc l'occasion de débattre à de futurs articles...

Commentaire n°2 posté par Olivier CAMPS-VAQUER le 17/04/2010 à 21h41

Faute avouée à moitié pardonnée

Nous remettrons donc le débat à une prochaine occasion...

Commentaire n°3 posté par Jérôme le 18/04/2010 à 11h27

(J'oubliais que je disposais du navigateur Firefox et de l'excellente extension "Lazarus". Avec elle, rien ne se perd... Je rouvre donc le débat)

N'oublions pas que la taxe carbone est sorti du chapeau bicolore de MM. Rocard et Juppé. Quant à la « moralisation du capitalisme » promise par N.S., le moins que l'on puisse dire est qu'elle n'est pas suivi d'effet (a fortiori des faits). Je reconnais que la France ne pourrait pas, à elle seule (quand bien même ses dirigeants, au delà des formules démagos, le souhaiteraient vraiment), réformer le capitalisme, mais je garde espoir pour qu'un jour cesse de se creuser l'écart entre les plus riches et les plus pauvres. La répartition des fruits du travail, entre actionnaires et salariés, par exemple, me semble un sujet des plus préoccupants (créateur de misère, chômage, etc. Combien d'entreprises rentables délocalisent pour des motifs du pure augmentation de l'EBIT ? etc.)

Bon, je crois là qu'on touche à des sujets fondamentaux du clivage gauche-droite, je ne compte pas vous convaincre !

 

Pour en revenir à des considérations plus bassement locales, je crois en effet, comme vous le dites, que « beaucoup d'habitants de Colombes restent sur leur faim » et cela est dû à l'inertie dans la conduite d'une ville. Au tout début de mandat, il est plus facile d'être dans le symbolique que dans les restructurations de fond, pourtant dans ce domaine, des décisions notables ont déjà été prises par la municipalité. Je citerai la modification des tranches de tarification pour les prestations péri-scolaires, la réorganisation de la police municipale (une promesse de campagne qui correspond à une vision partisane de ce sujet, je vous le concède, mais qui s'est appuyée avec sérieux sur un audit : on peut contester l'orientation, difficilement la méthode), la transparence sur les modalités d'attributions des subventions aux associations. Pour le plus lourd (urbanisme, etc.), ça va tout doucement commencer à se voir cette année.

Un sujet qui, moi, me laisse tout de même sur ma faim à ce jour : la jeunesse.

Commentaire n°4 posté par Jérôme le 18/04/2010 à 11h35

Merci de me fournir aussi rapidement l'occasion de m'y recoller... :-) Plusieurs points dans l'ordre dans lequel vous les abordez :

1°) Je crois que le principe de la taxe carbone faisait partie du manifeste de Nicolas HULOT auquel le candidat Nicolas SARKOZY avait souscrit à la toute fin de sa campagne de 2007. Alain JUPPE et Michel ROCARD avaient donc un cahier des charges déjà écrit sur ce point...

2°) L'échec des gouvernants (pas seulement Nicolas SARKOZY) dans laurs tentatives de "moralisation" du capitalisme tient, à mon sens, à 2 causes :

- d'une part, je ne crois pas que le capitalisme, en soi, soit immoral. Dès lors, le thème de la "moralisation" du capitalisme n'a pour moi, ni signification, ni consistance. (Je vous concède qu'avec tout ce que l'on observe aujourd'hui : la crise, la misère, le chômage, etc voisinant avec des gains astronomiques ..., ce point mérite d'être développé...)

- d'autre part, le Gouvernement (quel qu'il soit), pour faire croire qu'il maîtrise la situation, se livre à un jeu perpétuel d'illusions et de contraintes... On pourrait appeler cela le "volontarisme"... En économie, cela ne marche pas... Et, notamment, les solutions fondées sur le principe de répartition autoritaire telles que celles que vous semblez prôner ont toujours échoué... Juste un parallèle saisissant des 30 dernières années : en France, les prélèvements obligatoires ont augmenté de façon très importante avec, à la clé, l'argument de la solidarité et de la justice redistributive et, pourtant, sur la même période, la pauvreté et la misère se sont étendu...

3°) En fait, la méfiance vis-àvis du capitalisme, assez largement partagée par la classe politique, ne recoupe pas vraiment le clivage Droite-Gauche. Les extrêmes (Gauche et Droite) honnissent ce système qu'ils souhaitent non pas moraliser, mais abolir. Quant au gros de La Gauche (sociale-démocrate) et de la Droite (gaulliste et sociale), leurs adeptes souhaitent "réguler", dompter, corriger le capitalisme, par de multiples interventions... Finalement, seuls les libéraux, dont je fais partie, (c'est-à-dire une partie de la Droite), soutient la thèse que les nombreux désordres et déséquilibres que nous connaissons ne proviennent pas du capitalisme lui-même mais plutôt des interventions intempestives et incessantes des Etats dans l'activité économique... J'aurai aussi l'occasion de développer ce point.

4°) Sur le plan local, je suis content de voir que vous avez, vous aussi, laissé de côté votre langue de bois. Vous dites : "Au début du mandat, il est plus facile d'être dans le symbolique que dans les restructurations de fond." Sans doute... Et c'est valable au plan local comme au plan national... Et c'est pourtant dès le début qu'il faut attaquer les réformes de fond... Parce qu'après, c'est trop tard : tous les aspects désagréables de la restructuration considérée apparaîtront alors que sonnera déjà l'heure de l'élection suivante, sans pour autant qu'aucun effet supposément bénéfique ait commencé à poindre... C'est ni plus ni moins que la théorie des "100 jours"... Dans un mandat électif, tout se joue au début... Après, c'est trop tard... Quant aux exemples que vous prenez sur les tarifs de cantine scolaire, les subventions aux associations ou même la Police Municipale, cela semble quand même bien anecdotique...

Réponse de Olivier CAMPS-VAQUER le 18/04/2010 à 12h58

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