Voici le résultat de mon petit quizz sur les retraites. Quel suspense !...
1ère question : Qui a instauré notre régime de retraite par répartition en France et quand ? Réponse : Maréchal Philippe PETAIN en 1941. Oui, vous avez bien lu... Vous pensiez sans doute comme tout-le-monde que ce système était issu des grandes lois sociales de l'après-guerre. Et vous pensiez y voir la signature du Général DE GAULLE ? Eh bien non, pardon de vous décevoir : cette prétendue "grande conquête sociale", cet "acquis républicain", "socle de la solidarité nationale" a une marque de fabrique qui s'appelle... PETAIN... Vous n'êtes pas convaincu(e) ? Vous émettez un doute ? Loi du 14 mars 1941 article 9 : "Les retraites et pensions de vieillesse des assurés sociaux sont constituées sous le régime de la répartition." De là à ce que tous ceux qui s'apprêtent à défiler pour défendre ce système, mus par la reconnaissance du ventre, se mettent à entonner "Maréchal, nous voilà !..." :-)
2ème question : Qui est X... dans le dessin humoristique ?... Chacun aura reconnu l'ineffable Bernard MADOFF... Vous me direz : quel rapport entre le système mis en place par cet escroc de haut vol et notre système de retraite, pilier de notre protection sociale ? Il est en fait très clair... MADOFF avait mis en place une construction classiquement dénommée "Pyramide de Ponzi" Il promettait des placements juteux à des rendements défiant toute concurrence. Et ça marchait... en apparence ! Car, en fait, MADOFF rémunérait ses clients anciens avec les capitaux investis par des clients nouveaux et ainsi de suite jusqu'au jour où les capitaux nouvellement investis devinrent insuffisants... Ce système était évidemment un mensonge doublé d'un vol : ce qui se passe quand on paye les uns avec l'argent des autres... Il se trouve que notre système de retraite par répartition est bâti exactement sur le même principe puisqu'il s'agit de payer les pensions des retraités d'aujourd'hui avec, non pas les abondements que ces mêmes retraités ont effectués tout au long de leur vie active, mais avec les cotisations des actifs d('aujourd'hui... Et ainsi de suite : les pensions que toucheront les actifs d'aujourd'hui quand ils prendront leur retraite seront payées par les actifs de demain, c'est-à-dire nos enfants... Bien sûr, comme dans toute "pyramide de Ponzi", la supercherie est invisible tant que les versements nouveaux sont suffisants pour rémunérer les générations anciennes de souscripteurs. MADOFF avait mis en place un système commercial très astucieux qui lui permettait toujours d'obtenir des versements volontaires à partir d'informations trompeuses jusqu'au jour où la crise financière de septembre 2008 fit s'écrouler son système comme un château de cartes. L'Etat et les syndicats (qui gèrent le système) ont, quant à eux, recours à des versements obligatoires qu'ils obtiennent par l'usage de la force... Mais cela ne change rien à la nature profondément immorale et perverse de ce système qui, forcément, le condamne à terme. Est-il moral de laisser à nos enfants la charge de nos retraites ? Pour ne pas parler des montagnes de dettes constituées par l'accumulation des déficits budgétaires depuis plus de 30 ans, des trous de la Sécu et autres joyeusetés du même genre... Et aujourd'hui, comme chacun le sait, le nombre d'actifs diminue tandis que le nombre de retraités augmente de façon vertigineuse. Combien de temps les actifs accepteront-ils de se laisser berner par ce système pervers ? D'ailleurs, par parenthèse, le Maréchal PETAIN, pour financer les premières pensions de son nouveau système miraculeux de retraite par répartition, avait tout simplement pillé l'épargne investie dans les systèmes de retraite par capitalisation qui s'étaient constitués par application d'une loi de 1930 qui commençait à porter de beaux fruits. Ce système a donc été financé par un hold-up ! Quand on pense que ceux qui veulent "sauver" ce système immoral sont les mêmes que ceux qui veulent "moraliser" le capitalisme !
3ème question : Qui a dit et quand : "Si nous ne parvenons pasà réformer les retraites, tout-le-monde coulera avec moi."... Eh bien, chers amis, il s'agit de François FILLON, mais en 2003 lorsqu'il était Ministre des Affaires Sociales... C'est que cette affaire n'est pas nouvelle, Car, en 2003, il y a déjà eu une réforme qui était présentée par son auteur comme "la plus importante depuis 1945". Mais comme le texte-même de la réforme "réaffirmait solennellement le choix de la répartition" et que le Président de la République de l'époque, Jacques CHIRAC, s'était posé en garant du régime de retraite par répartition, qualifiée d'"acquis intangible", il n'y avait plus beaucoup de place pour une vraie réforme. Quelques ajustements comptables en jouant sur le nombre d'annuités de cotisations et le tour était joué jusqu'à la prochaine soi-disant "réforme"... L'idée de réforme des retraites est ainsi cette patate chaude que se transmettent courtoisement les gouvernements successifs. Tous les 5 ou 7 ans, le problème revient sur la table...
Conclusion : il est évident que la vraie réforme consisterait à construire un véritable système de retraites par capitalisation, comme cela fut institué en France en 1930. Ce serait courageux, moral et avec une préoccupation de long terme. Car il faut du temps pour qu'un système de retraite par capitalisation connaisse son plein effet. Le passage de la répartition à la capitalisation ne pourrait donc être que progressif.
Malheureusement, je doute que l'on emprunte ce chemin-là. La réforme vient beaucoup trop tard (après 3 ans de mandat, à 2 ans de la prochaine échéance présidentielle). Son élaboration commence par une concertation avec les gestionnaires de ce système débile (j'ai nommé : les syndicats) qui vivent de ce système et n'ont donc absolument pas intérêt à le voir disparaître. Cette réforme portera sur quelques ajustements d'ordre comptable. On reculera peut-être l'âge légal de départ à la retraite mais en face, pour faire bonne mesure, on taxera les revenus financiers. On la présentera comme la mère de toutes les réformes et, dans une belle unanimité, on célébrera la justice sociale retrouvée... (Comme j'aimerais, juste sur ce point, me tromper !...). D'ailleurs, avez-vous entendu un seul politique (de Droite comme de Gauche) demander à ce qu'on étudie le passage à la capitalisation ?
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