Politique nationale

Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 18:05

Voici le résultat de mon petit quizz sur les retraites. Quel suspense !...

1ère question : Qui a instauré notre régime de retraite par répartition en France et quand ? Réponse : Maréchal Philippe PETAIN  en 1941. Oui, vous avez bien lu... Vous pensiez sans doute comme tout-le-monde que ce système était issu des grandes lois sociales de l'après-guerre. Et vous pensiez y voir la signature du Général DE GAULLE ? Eh bien non, pardon de vous décevoir : cette prétendue "grande conquête sociale", cet "acquis républicain", "socle de la solidarité nationale" a une marque de fabrique qui s'appelle... PETAIN...  Vous n'êtes pas convaincu(e) ? Vous émettez un doute ? Loi du 14 mars 1941 article 9 : "Les retraites et pensions de vieillesse des assurés sociaux sont constituées sous le régime de la répartition." De là à ce que tous ceux qui s'apprêtent à défiler pour défendre ce système, mus par la reconnaissance du ventre, se mettent à entonner "Maréchal, nous voilà !..." :-)

2ème question : Qui est X... dans le dessin humoristique ?... Chacun aura reconnu l'ineffable Bernard MADOFF... Vous me direz : quel rapport entre le système mis en place par cet escroc de haut vol et notre système de retraite, pilier de notre protection sociale ? Il est en fait très clair... MADOFF avait mis en place une construction classiquement dénommée "Pyramide de Ponzi" Il promettait des placements juteux à des rendements défiant toute concurrence. Et ça marchait... en apparence ! Car, en fait, MADOFF rémunérait ses clients anciens avec les capitaux investis par des clients nouveaux et ainsi de suite jusqu'au jour où les capitaux nouvellement investis devinrent insuffisants... Ce système était évidemment un mensonge doublé d'un vol : ce qui se passe quand on paye les uns avec l'argent des autres... Il se trouve que notre système de retraite par répartition est bâti exactement sur le même principe puisqu'il s'agit de payer les pensions des retraités d'aujourd'hui avec, non pas les abondements que ces mêmes retraités ont effectués tout au long de leur vie active, mais avec les cotisations des actifs d('aujourd'hui... Et ainsi de suite : les pensions que toucheront les actifs d'aujourd'hui quand ils prendront leur retraite seront payées par les actifs de demain, c'est-à-dire nos enfants... Bien sûr, comme dans toute "pyramide de Ponzi", la supercherie est invisible tant que les versements nouveaux sont suffisants pour rémunérer les générations anciennes de souscripteurs. MADOFF avait mis en place un système commercial très astucieux qui lui permettait toujours d'obtenir des versements volontaires à partir d'informations trompeuses jusqu'au jour où la crise financière de septembre 2008 fit s'écrouler son système comme un château de cartes. L'Etat et les syndicats (qui gèrent le système) ont, quant à eux, recours à  des versements obligatoires qu'ils obtiennent par l'usage de la force... Mais cela ne change rien à la nature profondément immorale et perverse de ce système qui, forcément, le condamne à terme. Est-il moral de laisser à nos enfants la charge de nos retraites ? Pour ne pas parler des montagnes de dettes constituées par l'accumulation des déficits budgétaires depuis plus de 30 ans, des trous de la Sécu et autres joyeusetés du même genre... Et aujourd'hui, comme chacun le sait, le nombre d'actifs diminue tandis que le nombre de retraités augmente de façon vertigineuse. Combien de temps les actifs accepteront-ils de se laisser berner par ce système pervers ? D'ailleurs, par parenthèse, le Maréchal PETAIN, pour financer les premières pensions de son nouveau système miraculeux de retraite par répartition, avait tout simplement pillé l'épargne investie dans les systèmes de retraite par capitalisation qui s'étaient constitués par application d'une loi de 1930 qui commençait à porter de beaux fruits. Ce système a donc été financé par un hold-up ! Quand on pense que ceux qui veulent "sauver" ce système immoral sont les mêmes que ceux qui veulent "moraliser" le capitalisme !

3ème question : Qui a dit et quand : "Si nous ne parvenons pasà réformer les retraites, tout-le-monde coulera avec moi."... Eh bien, chers amis, il s'agit de François FILLON, mais en 2003 lorsqu'il était Ministre des Affaires Sociales... C'est que cette affaire n'est pas nouvelle, Car, en 2003, il y a déjà eu une réforme qui était présentée par son auteur comme "la plus importante depuis 1945". Mais comme le texte-même de la réforme "réaffirmait solennellement le choix de la répartition" et que le Président de la République de l'époque, Jacques CHIRAC, s'était posé en garant du régime de retraite par répartition, qualifiée d'"acquis intangible", il n'y avait plus beaucoup de place pour une vraie réforme. Quelques ajustements comptables en jouant sur le nombre d'annuités de cotisations et le tour était joué jusqu'à la prochaine soi-disant "réforme"... L'idée de réforme des retraites est ainsi cette patate chaude que se transmettent courtoisement les gouvernements successifs. Tous les 5 ou 7 ans, le problème revient sur la table...

Conclusion : il est évident que la vraie réforme consisterait à construire un véritable système de retraites par capitalisation, comme cela fut institué en France en 1930. Ce serait courageux, moral et avec une préoccupation de long terme. Car il faut du temps pour qu'un système de retraite par capitalisation connaisse son plein effet. Le passage de la répartition à la capitalisation ne pourrait donc être que progressif.

Malheureusement, je doute que l'on emprunte ce chemin-là. La réforme vient beaucoup trop tard (après 3 ans de mandat, à 2 ans de la prochaine échéance présidentielle). Son élaboration commence par une concertation avec les gestionnaires de ce système débile (j'ai nommé : les syndicats) qui vivent de ce système et n'ont donc absolument pas intérêt à le voir disparaître. Cette réforme portera sur quelques ajustements d'ordre comptable. On reculera peut-être l'âge légal de départ à la retraite mais en face, pour faire bonne mesure, on taxera les revenus financiers. On la présentera comme la mère de toutes les réformes et, dans une belle unanimité, on célébrera la justice sociale retrouvée... (Comme j'aimerais, juste sur ce point, me tromper !...). D'ailleurs, avez-vous entendu un seul politique (de Droite comme de Gauche)  demander à ce qu'on étudie le passage à la capitalisation ? 

Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Politique nationale
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Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 19:37

Avant un prochain article sur la réforme des retraites, un petit quizz en 3 questions :

 

1°) 1ère question : Qui a instauré le régime de retraite par répartition en France et quand ? 

 

2°) 2ème question : Récemment, dans un dessin humoristique d'un magazine américain d'actualités, on voyait deux policiers interrogeant X.... L'un des policiers disait à X... " Parfait, X...! Où avez-vous pris cette idée de payer les premiers investisseurs avec l'argent apporté par lerurs successeurs ?". X... répondait : "Au système de retraite par répartition." Qui est X... ?

 

3°) 3ème question :Qui a dit et quand : "Si nous ne parvenons pas à réformer les retraites, tout-le-monde coulera avec moi "?

 

J'attends vos réponses avec impatience...

 

Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Politique nationale
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Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /Avr /2010 20:44

"Sauf si... "  Ainsi se terminait mon dernier article... Et je persiste, la Droite n'a plus d'avenir à COLOMBES... "sauf si"... (la liste des "si" sera longue à énumérer), les élus et militants de Droite commencent déjà par faire l'effort de comprendre ce qui se passe sous leurs yeux... Dans un premier temps, comprendre...

 

Le fait majeur de la dernière élection régionale fut, comme chacun le sait, l'abstention.... Phénomène national (donc non purement colombien) et pas tout-à-fait inédit, puisqu'il fait écho à ce qui s'était déjà passé lors des élection européennes de 2009. De comportement négligent, l'abstention tend à devenir un véritable mode d'expression dont le contenu devient presque plus épais et donc plus significatif que celui d'un vote...  Pas tout-à-fait rassurant pour la démocratie mais il faudra faire avec...

 

3 causes peuvent expliquer l'importance de cette abstention massive en sachant que chaque abstentionniste n'a pas nécessairement été mû par l'ensemble de ces 3 causes simultanément. On peut parler de 3 couches d'abstentionnistes...

 

1ère cause : région, Europe... des entités abstraites, lointaines, compliquées, qui s'inscrivent dans un cadre bureaucratique auquel personne ne comprend plus rien... Ce millefeuille institutionnel français avec sa myriade de collectivités imbriquées les unes dans les autres, se subventionnant les unes les autres dans tous les sens, et avec sa cohorte d'élus gonflés d'importance mais que personne ne connaît... Il y a sans doute le pressentiment d'un énorme gaspillage de ressources. On comprend qu'une partie de l'électorat refuse de donner sa voix dans un jeu dont les règles lui échappe... Ce n'est pas seulement une question de pédagogie, mais aussi et surtout le souci d'une simplification... Il est vrai que tant la fiscalité locale (largement illisible) que les modes de scrutin (très différents d'une catégorie de collectivité à l'autre) n'aident pas le citoyen "lambda". Le Gouvernement a lancé l'idée d'une réforme des collectivités locales... C'est sans doute le début d'une bonne réponse.

 

2ème cause : la Crise... 2008-2009 : une grave crise touche l'économie mondiale et, par voie de conséquence, l'économie française. Les incertitudes, les doutes rongent les esprits ; la peur du lendemain, l'angoisse du chômage se répand, la précarité devient une seconde nature... Car, au fond, l'idée de Crise ne date pas d'hier... Cela fait plus de 30 ans qu'on parle de Crise... Depuis la fin des 30 Glorieuses, l'économie mondiale semble le jouet de convulsions successives... Le chômage de masse reste une constante, le besoin d'aide sociale est abyssal, la crise du logement est endémique... Et tout cela sans que les politiques, de Droite comme de Gauche, ait produit la moindre preuve d'un début de compétence pour apporter une solution durable à l'éradication de ces métastases... En fait, les politiques donnent l'impression d'être déboussolés, dépassés par des phénomènes qu'ils ne maîtrisent pas... Et ,pardon de le dire, mais je ne suis pas sûr que le Président pour lequel j'avais pourtant voté en 2007 ait été très convaincant lors de la survenue de la Crise de septembre 2008... Contrairement aux apparences, ses grandes imprécations pour "moraliser le capitalisme", pour traquer les bonus et pour fustiger les banquiers et les traders n'ont pas fourni le signe d'une grande maîtrise du sujet. On en reparlera car ce point est absolument capital... Dans un tel contexte, le non-vote devient un acte positif de défiance spontanée et volontaire... Une sorte d'objection de conscience électorale à l'égard de politiques incompétents ou perçus comme tels...

 

3ème cause : le grand malentendu autour de... Nicolas SARKOZY ! Rappelez-vous en 2007 l'immense espoir soulevé par la candidaure de Niciolas SARKOZY autour de l'idée de rupture.. Rupture avec 3 décennies d'impussance, avec l'immobilisme ambiant; avec les obstacles à la croissance et aux réformes... Las, aussitôt l'élection passée, l'idée de rupture semble être passée à la trappe et a fait jour à une autre idée, virant àl'obsession, l'ouverture... Cette idée d'enrôler des membres du camp opposé, prônée durant la campagne de 2007 par un certain François BAYROU , avait été vigoureusement combattue, à l'époque, par Nicolas SARKOZY qui trouvait cette idée complètement saugrenue. Il s'agit en fait d'un reniement. Reniement dont la portée est bien plus grave qu'il y paraît. Car il n'a nullement été demandé aux nouveaux transfuges d'adopter les idées de leur camp d'adoption. "Je ne te demande pas de renoncer à tes idées socialistes"... Il a juste été demandé à l'ensemble de l'électorat de Droite d'adopter des idées de Gauche sur l'environnement, sur la fiscalité, sur la politique économique, etc... et presque des idées d'Extrême-Droite sur l'immigration et l'identité nationale... L'idée d'ouverture a donc été le prolongement de ce conscensus mou qu'avait déjà dénoncé une fraction de l'électorat de Droite lors des Régionales de 2004 et du Référendum de 2005. Pour nombre d'électeurs sarkozystes de 2007, l'idée d''ouverture a signifié la fermeture d'un horizon... Sans déplacer un seul électeur de Gauche à Droite...

 

L'abstention  s'est donc traduite par une victoire "technque" de la Gauche. Mais qu'on ne s'y trompe pas : il ne s'agit pas d'une adhésion massive aux mots d'ordre de la Gauche. C'est même bien plus qu'une élection intermédiaire où une fraction de  l'électorat de Droite se serait défoulé... C'est un sérieux avertissement donné aux politiques, et notamment à ceux au Pouvoir aujourd'hui...

 

L'abstention : une nouvelle forme de citoyenneté ?

 

A suivre...

 

P.S. : j'ai perdu ma langue de bois... Si quelqu'un la retrouve, qu'il ait la bonté de ne pas me la rapporter.. Merci. :-)

 

Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Politique nationale
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Mardi 17 mars 2009 2 17 /03 /Mars /2009 19:46

Pas de capitalisme sans capital !

Guillaume Vuillemey et Vincent Poncet* – 12 mars 2009
Article paru dans Le Temps, le 11 mars 2009.


La crise actuelle a parfois été analysée comme « la crise d'un certain capitalisme », lequel serait « déconnecté de la richesse réelle », et « fondé sur de l'argent virtuel ». Mais s’il est vrai que le système actuel repose sur des pyramides vertigineuses de dettes et de crédits, il ne s'agit pas là d'une conséquence du libre fonctionnement des marchés. Au contraire, l'extrême fragilité de nos économies est le fruit d'interventions politiques favorisant systématiquement la consommation par rapport à l'épargne et la dette par rapport au capital. D’où l'émergence d’un « capitalisme sans capital » et l’éclatement de la crise actuelle. Pour en sortir, plutôt que de vouloir stimuler la consommation et l'émission de nouvelles dettes, il conviendrait au contraire de favoriser la reconstitution des stocks d'épargne réelle et de capital.

La crise actuelle est une crise du crédit, causée par les politiques monétaires laxistes des banques centrales, en particulier la Réserve fédérale américaine (Fed). Au lendemain de l'explosion, en 2000, de la bulle des nouvelles technologies, la Fed a cru bon de relancer l'économie en baissant massivement ses taux directeurs, lesquels sont descendus jusqu'à 1 %. Cette politique, qui était un succès en apparence, était pourtant fondamentalement contre-productive, bâtie sur l'idée que l'injection de liquidités dans l'économie permet la création de richesses réelles. Il ne faut donc pas perdre de vue la distinction essentielle entre deux types de crédits, l'un favorable au développement économique, l'autre source de mal-investissements et de crises. Le premier est fondé sur une épargne préalablement accumulée, l'autre non.

Pendant des années, les banques ont prêté de la monnaie créée à partir de rien par de simples écritures comptables, sans épargne en contrepartie. Plus ce processus s'est développé, plus la quantité de monnaie en circulation dans l'économie – appelée masse monétaire – a été déconnectée de la réalité économique. Ces « mauvais » crédits qui ont été octroyés ont donné aux emprunteurs l'illusion de la richesse. Ces derniers ont alors pu effectuer des investissements qu'ils n'auraient pas réalisés si les taux d'intérêt avaient été plus élevés. Ces investissements ont été des mal-investissements, c'est-à-dire qu'ils n'avaient pas de rentabilité réelle. Leur rentabilité n'était qu'apparente, fondée sur l'afflux de « mauvais » crédit. La grande majorité des particuliers et des entreprises ont cédé à cette illusion. Ce fut la phase de bulle, qui a éclaté lorsque la réalité – c'est-à-dire la non-rentabilité de ces investissements – est apparue au grand jour.

Ces « mauvais » crédits ont été émis dès lors que l'on a rompu l’équilibre entre crédit et épargne. Sur le marché, cet équilibre se fait via les taux d'intérêts, qui fluctuent en fonction de l'offre et de la demande de liquidités. Dans notre système monétaire, ce processus est faussé par l'intervention des banques centrales. Les taux ne sont pas des prix de marché mais des prix « administrés » par des entités para-étatiques. Ainsi, la quantité de crédit octroyée sur le marché ne dépend pas du stock d'épargne réelle, mais d'une décision politique.

Les banques centrales, plus ou moins indépendantes des gouvernements, peuvent donc augmenter la quantité de « mauvais » crédit, notamment en abaissant artificiellement leurs taux directeurs, souvent pour financer des promesses pour lesquelles le stock d'épargne existant n'est pas assez important. Aux États-Unis, c'est la volonté de créer une « société de propriétaires » qui a servi de prétexte à de nombreuses dispositions favorisant les crédits immobiliers. Entre 2000 et 2008, la masse monétaire, a doublé aux États-Unis sans que, bien évidemment, la richesse réelle n’ait doublé dans des proportions identiques. C'est dans cet afflux de « mauvais » crédit, salué à l'époque par les gouvernements, que se trouvent les racines de la crise. L'intervention publique a transformé le capitalisme en capitalisme sans capital.

A l'heure actuelle, les secteurs de l'économie qui s'effondrent – au premier rang desquels l'automobile et l'immobilier – sont ceux qui ont bénéficié de ces crédits. Les politiques visant à favoriser un crédit peu cher ont en fait détourné des facteurs de production vers ces secteurs, au détriment d'autres qui auraient été plus rentables. Le « mauvais » crédit, créé à partir de rien, est donc néfaste. Il donne l'illusion de la richesse, déplace des facteurs de production de certains usages vers d'autres, et est à l’origine de nombreux mal-investissements.

À l'inverse, le bon sens voudrait que tout investissement ait pour contrepartie une épargne réelle. C'est pourquoi l'idée de Keynes selon laquelle l'épargne serait stérile ou improductive est erronée. L'épargne a de nombreuses vertus : elle permet l'octroi de « bon » crédit et la création de richesses.

Dès lors, comment la crise peut-elle être résolue ? Toute vraie relance ne peut être qu'une relance par l'épargne permettant la réalisation d'investissements rentables. Pour cela, il est nécessaire de revenir à une économie fondée sur l'épargne et le capital. Mais ni les banques centrales ni les gouvernements ne peuvent augmenter le stock d'épargne réelle. C'est pourquoi il conviendrait tout d'abord de cesser de manipuler les taux d'intérêts.

Mais certaines réformes structurelles sont également nécessaires pour accomplir cette transition. Beaucoup de systèmes fiscaux incitent davantage à la consommation qu'à l'épargne. C'est le cas lorsque la taxation des revenus du capital – intérêts ou dividendes – est importante ou lorsqu'il existe une taxation spécifique des patrimoines, comme l'impôt sur la fortune en France. Pour ce qui est de la fiscalité des entreprises, elle incite au financement par la dette et non au financement par augmentations de capital.

La reconstitution d'un stock d'épargne conséquent suppose aussi que les États mettent un terme à la spirale d'endettement dans laquelle ils sont aujourd'hui enfermés. Car lorsqu'ils empruntent sur le marché des capitaux, ils réduisent d'autant la quantité d'épargne disponible pour les grandes entreprises qui ont, elles aussi, besoin de capitaux.

Le redémarrage de l'économie passe pas une reconstitution des stocks d'épargne et un assainissement des « mauvais » investissements. Il faut se rendre à l’évidence qu’il n’y a pas de capitalisme sans capital !


 

*Guillaume Vuillemey et Vincent Poncet sont chercheurs à l'Institut économique Molinari.

 

Institut économique Molinari

Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Politique nationale
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Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /Août /2008 21:06

C'est la rentrée !... Et en guise de hors d'oeuvre, je ne résiste pas à l'envie de vous livrer ces quelques réflexions de Jacques GARELLO, Professeur d'Economie à l'Université Paul Cézanne (Aix-Marseille) et Président de l'ALEPS (Association pour la Liberté Economique et le Progrès Social) :

"Marx avait raison : les travailleurs sont exploités, et leur rémunération est moindre que la valeur du travail qu’ils ont apporté. Marx avait simplement tort en imputant cette exploitation aux capitalistes, alors qu’elle est le fait de l’État. C’est bien l’État qui, en France, prive les salariés de leur pouvoir d’achat."

"La campagne de Nicolas SARKOZY avait remis les pendules à l’heure : travailler plus pour gagner plus. Cela laissait clairement entendre qu’il n’y a pas d’autre source de revenu que la contribution à la création de richesses dans l’entreprise, au service du client. Encore faut-il préciser que les travailleurs ne sont pas les seuls artisans de cette création, il y a aussi les épargnants qui directement ou indirectement permettent l’investissement dans l’entreprise, et les entrepreneurs qui coordonnent les choix de production en fonction de la consommation."

"Malheureusement la pratique politique de notre pays est telle que ceux qui travaillent plus gagnent moins. Et, de ce point de vue, rien n’a changé, et on ne cherche même pas la solution de ce côté-là. C’est bien pourtant en rendant aux Français l’argent qu’ils ont gagné que l’État peut augmenter soudainement et justement leur pouvoir d’achat."


"Sur ce que gagne un salarié, sur ce que le client a payé pour son travail, entre la moitié et le tiers est immédiatement confisqué, sous forme de cotisations sociales – et peu importe qu’il s’agisse de la part de l’employeur ou de l’employé, dans les deux cas c’est bien un impôt sur le travail. Ce montant de retenues à la source atteint de tels sommets parce qu’elles alimentent un système idiot, qui coûte cher aux « assurés » sociaux et qui ne leur rapporte pas ce qu’ils pourraient en attendre – et les prestations se dégraderont de plus en plus, notamment dans le domaine des retraites. Les assurés pourraient avoir une couverture sociale de qualité au moins équivalente, et de sécurité économique bien supérieure, s’ils avaient la liberté d’assurance. Cette liberté est offerte à la plupart des Européens, et les directives européennes n’ont cessé de rappeler que la concurrence doit exister dans le domaine des assurances – les gouvernements français successifs ont fait semblant de ne pas comprendre, et l’exception française a joué une fois de plus dans un sens négatif, il n’est pas question de toucher au monopole de la Sécurité Sociale."
 

"Réformer réellement le système de protection sociale aurait deux effets mécaniques et immédiats sur le pouvoir d’achat des Français : un effet arithmétique, et un effet énergétique. "

"L’effet arithmétique est bien simple. Aujourd’hui le smicard ne touche pas son salaire complet, mais seulement la moitié. Son assurance maladie lui prend un mois de salaire par an, et son assurance vieillesse un peu plus encore. Réduire les cotisations d’un tiers, comme c’est possible en changeant de système, c’est donc redonner au smicard français une rallonge mensuelle de quelque 500 euros par mois. Des cotisations en moins, c’est du pouvoir d’achat en plus. Il est établi que le niveau des salaires nets en France n’est pas supérieur à ce qu’il est à l’étranger. Mais on sait aussi que  le « coût du travail » est bien plus élevé chez nous qu’ailleurs et diminue notre compétitivité. Cherchez l’erreur : le coût du travail contient des charges sociales pénalisantes pour le salarié et pour l’entreprise. C’est ce qu’on appelle le « coin social »."

"L’effet énergétique est tout aussi certain que l’effet arithmétique. Aujourd’hui ceux qui font des heures supplémentaires, ceux qui améliorent leur qualification, ceux qui développent leurs entreprises prennent conscience qu’ils travaillent en grande partie pour l’État. La  progressivité  de l’impôt est considérable : malheur à ceux qui gagnent davantage ! Toute tentative pour réduire la ponction sur les revenus supplémentaires est immédiatement qualifiée de « cadeau fait aux riches ». Le très modeste « bouquet fiscal » a été reçu comme une injustice sociale majeure. En conséquence, les Français dynamiques et talentueux ne sont pas réellement motivés à faire plus d’efforts, à améliorer leur savoir et à exploiter leurs talents – ou ils vont les exercer ailleurs. Par contraste, si réellement travailler plus rapportait plus l’économie française en bénéficierait dans son ensemble, les affaires reprendraient et le chômage diminuerait : il y aurait un pouvoir d’achat nouveau pour la communauté nationale."
 

"Je rappelle enfin que si le pouvoir d’achat diminue avec la confiscation des revenus, il diminue aussi avec la hausse des prix. J’ai été frappé d’une présentation télévisée où on soulignait la hausse vertigineuse de certains prix : le tabac, le carburant, les transports publics, les produits alimentaires de base, etc. Comme par hasard, ces produits sont davantage taxés en France qu’à l’étranger ou leurs prix sont fixés directement ou indirectement par l’État ! Si l’État n’était pas un tel gouffre financier il pourrait modérer ses appétits fiscaux. Mais nous préférons avoir plus de fonctionnaires, plus de subventions pour les clients de l’État et les étudiants contestataires. Plus d’argent à l’UNEF, à la SNCF et à l’EDF, c’est moins de pouvoir d’achat pour les Français. Exigeons du Comité d’entreprise d’EDF de se financer avec l’argent de ses syndiqués, et notre facture d’électricité sera allégée de 1%."
 

"Le discours politique nous égare en incriminant les employeurs, les commerçants, les financiers, ou la mondialisation ou l’euro. Ce qui est réellement en cause aujourd’hui c’est la masse des prélèvements, gaspillages et privilèges accumulée par l’État français depuis des lustres. Il est vain de chercher ailleurs une solution pour accroître artificiellement le pouvoir d’achat des Français. De façon tout à fait naturelle, dans une économie dynamique, avec des gens motivés, travailleurs et entreprenants, le pouvoir d’achat augmente et les gens vivent en paix. Encore faut-il que les lois naturelles de l’économie soient respectées, et que cessent les artifices étatiques."

 

Jacques Garello
Le 3 décembre 2007

Par Olivier CAMPS-VAQUER - Publié dans : Politique nationale
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